Les aînés sont toujours là!

L’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick milite depuis de nombreuses années pour un élargissement des pouvoirs et des activités du Réseau de santé Vitalité en matière de services et de soins en santé alors que c’est dans une tout autre direction que le gouvernement Gallant s’est engagé. Pourtant, le programme électoral 2014 du parti libéral ne disait pas un mot de la privatisation des soins de santé.

Lors des différentes rencontres organisées par le gouvernement Gallant, la réponse du public a été claire: «On ne veut pas de la privatisation dans le secteur de la santé.» Malgré la vive opposition de la population, l’entente fut signée le 1er janvier, et ce, sans aucune consultation ni débat public. Le gouvernement Gallant avait pourtant promis de gouverner autrement!

En janvier 2017, le Conseil sur le vieillissement, nommé par le gouvernement Gallant, présentait les recommandations de son rapport pour lesquelles le gouvernement donnait son accord. Une des recommandations soulignait l’importance d’impliquer la communauté dans la recherche de solutions. La privatisation du Programme extra-mural est tout à fait contraire à cette approche.

Je me permets de répéter quatre questions posées lors de la conférence de presse du 2 mai par un citoyen, des questions posées depuis maintenant huit mois et pour lesquelles nous n’avons toujours pas reçu de réponse.

Pourquoi la province du Nouveau-Brunswick a-t-elle choisi de payer plus pour un programme qui offre moins de services à la population?

Pourquoi la province a-t-elle confié la gestion du Programme extra-mural à Medavie sans aucun appel d’offres?

Quelles étaient les déficiences du programme de l’extra-mural si le ministère n’a procédé à aucune étude?

Et la question qui tue: Qui profite réellement de ce contrat?

Plusieurs autres questions se posent: Pourquoi ne pas investir dans le Réseau Vitalité au lieu de Medavie? À qui sera redevable l’entreprise privée Medavie? Pourquoi accorder des millions à Medavie pour leur système informatique alors qu’un des arguments majeurs évoqués par le gouvernement était justement l’expertise de Medavie dans ce domaine?

Ce sont des questions légitimes et tout gouvernement démocratique doit répondre à ses concitoyens. Au Nouveau-Brunswick, comme ailleurs, le principe de la démocratie est au cœur de nos valeurs. Or, en privatisant la gestion du Programme extra-mural, le gouvernement Gallant a défié ce principe si cher à la liberté dont nous jouissons. Monsieur le premier ministre, nous attendons encore les réponses à ces questions et à plusieurs autres.

Plus encore, l’entente signée entre le gouvernement et Medavie ne reconnaît nullement les droits constitutionnels de la communauté linguistique francophone et ne reconnaît pas l’existence de deux communautés linguistiques au N.-B.

Il faut rappeler que les aînés du N.-B. ont un poids politique non négligeable. La privatisation des soins de santé, dont le Programme extra-mural, sera un enjeu des prochaines élections pour l’AFANB.

Solange Haché
Présidente de l’Association francophone des ainés du N.-B.