Accros de la chanson serait-il lentement assimilateur?

Depuis 1971, la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick reçoit des fonds – qui se chiffrent à des millions de dollars – de Patrimoine Canadien pour la promotion de la langue et de la culture des jeunes francophones vivant en milieu minoritaire. Ne serait-il pas logique que les activités de ce groupement et les projets qu’il développe, tels que les concours de la musique, aient comme critères des titres et du contenu propre à la langue française?

Passons pour le «Right fiers» que ceux qui l’ont déploré se sont fait traiter de dinosaure.

Voilà qu’arrive Track of Rock qui a été couronné lauréat de la 14e finale du concours musical Accros de la chanson qui a eu lieu à Grand-Sault en fin de semaine.

Comme si la langue française n’avait pas de mots pour identifier des jeunes au talent musical «rock» incontestable. Assez curieusement, ce groupe lauréat du nom de la langue de Shakespeare vient de Shippagan, alors que les deux autres finalistes de la même catégorie, celui de Bathurst et celui de Fredericton, portaient tout ce qu’il y a de plus beau pour identifier les francophones dont la FJFNB se doit de faire la promotion: Les monocyles et Les 3 agités. La preuve que la langue française n’est pas si pauvre que ça pour accrocher et livrer un message identitaire.

À quoi servent les millions de dollars distribués par Patrimoine Canadien pour la promotion de la langue et de la culture des jeunes francophones vivant en situation minoritaire si leurs leaders et leurs partenaires «adultes» ne respectent pas ce mandat?

Benoît Duguay
Moncton