À quand la fin de ces injustices criantes?

Qui a eu la brillante idée de recourir à un pays anglophone, notamment les États-Unis, pour créer un examen d’entrée à une profession, la profession infirmière en l’occurrence, et qui réponde aux exigences d’une province bilingue comme c’est le cas ici?

Va-t-on un jour arrêter de pousser l’absurdité à l’extrême? N’y a-t-il personne au sein de l’Association des infirmières et des infirmiers du Nouveau-Brunswick (AIINB) qui ait assez de jugeote pour comprendre que, pour faire justice aux étudiantes et aux étudiants d’ici, il faut des examens créés à proximité des institutions de haut savoir par des comités constitués d’experts d’ici: des anglophones pour les anglophones et des francophones pour les francophones? Il s’agit là d’un principe pédagogique de premier ordre.

Quand on sert de la traduction, on offre des documents qui ont été pensés autrement dans un langage souvent qui n’est pas celui utilisé au cours de la formation. Comment peut-on ainsi juger objectivement des connaissances d’un étudiant si le vocabulaire est différent de celui dont on s’est servi tout au long du parcours universitaire et des stages pratiques?

Au cours de ma carrière dans l’enseignement, j’ai été appelé avec d’autres à construire des questionnaires d’examen. Combien souvent nous a-t-on mis en garde contre l’usage d’un langage étranger à celui qui a été servi aux élèves quand on veut vraiment mesurer son degré de connaissance? C’est un principe pédagogique des plus élémentaires.

Qu’une équipe de personnes dans l’entourage de la Commissaire aux langues officielles déplore la qualité de la traduction au point de constituer une véritable injustice pour les nôtres, c’est assez pour qu’on prenne la chose au sérieux. Où est le professionnalisme de l’AIINB? Où sont les instances gouvernementales? Pourquoi refuse-t-on aux minorités un traitement égal empreint de justice?

Hector J. Cormier
Moncton