Une situation très injuste pour nos finissantes

La situation que réserve l’Association des infirmières et des infirmiers du Nouveau-Brunswick aux diplômés de l’Université de Moncton est inacceptable. De plus, le silence de la directrice générale de l’AIINB est incompréhensible. L’écart qui existe entre l’université francophone et l’université anglophone quant aux résultats des examens d’entrée dans la profession est aberrant.

À la suite de ces échecs répétés, les infirmières et les infirmiers diplômés vivent des sentiments de honte et d’échec. Ils sont blessés dans leur estime de soi, une blessure qui va affecter tout leur parcours professionnel. L’AIINB est responsable de ce désastre humain et cause un tort irréparable à ces étudiants.

Le programme de sciences infirmières de l’Université de Moncton est d’une grande qualité et se compare très bien avec tout ce qui se fait au Nouveau-Brunswick et ailleurs au Canada. Il n’y a donc pas de raison pour justifier un tel écart dans les résultats entre les finissants de l’Université du Nouveau-Brunswick et ceux de l’Université de Moncton. On explique fort mal ces résultats à ces examens qu’on exige pour obtenir l’immatriculation initiale donnant le droit d’exercer la profession.

Que dire d’un examen qui ne mesure pas adéquatement le savoir et les connaissances des infirmières du programme universitaire? Pourquoi l’AIINB a-t-elle confié à un organisme américain l’accréditation des infirmières? Et, pourquoi, quand il s’agit d’étudiantes et d’étudiants de langue française, faut-il recourir à des traductions qui ne rendent pas toujours très bien le sens du texte initial et qui souvent l’embrouillent?

Je veux exprimer des remerciements à madame Katherine d’Entremont, la Commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, d’avoir si bien compris la gravité de la situation et d’avoir entendu le désarroi des infirmières. Son rapport d’enquête donne de l’espoir. Espérons qu’on saura agir promptement. Il y a un tel manque d’infirmières dans la province.

Fernande Cantin
Professeure à la retraite de l’Université de Moncton