Dompter la sauvagerie humaine

Il y a 50 ans, le 6 juin 1968, Robert Kennedy, candidat à la présidence des États-Unis, était assassiné. Depuis l’assassinat de son frère, le président John F. Kennedy, Robert était hanté par les questions profondes de donner un sens à sa vie.

Le 4 avril 1968, Robert Kennedy, politicien désigné de la tourmente des événements, se dirige vers le ghetto noir d’Indianapolis pour prononcer un discours. En route, il apprend l’assassinat de Martin Luther King. Debout, sur l’arrière d’un camion, face à une communauté à majorité noire, il leur annonce la tragédie qui vient d’arriver à 18h01. Très ému, il fait un appel à l’amour et à la compréhension, dans les termes suivants, que nous aurions avantage à méditer: «J’ai une bien mauvaise nouvelle à vous apprendre. Une bien mauvaise nouvelle pour tous nos concitoyens et pour toutes les personnes qui aiment la paix où qu’elles soient dans le monde. Martin Luther King a été assassiné ce soir à Memphis, Tennessee. Martin Luther King a consacré sa vie a l’amour de ses frères humains et à la justice et il est mort en se consacrant à cette cause. En ce jour difficile, en ces temps difficiles pour les États-Unis, il est peut-être avisé de se demander quelle sorte de nation sommes-nous? Et dans quelle direction allons-nous? Nous pouvons espérer que les choses s’arrangent dans ce pays. Nous aurons des moments difficiles, nous en avons eu dans le passé et nous en aurons encore à l’avenir. Ce n’est pas la fin de la violence et ce n’est pas la fin du mépris des lois, ce n’est pas la fin du désordre. Mais la grande majorité des Blancs et la grande majorité des Noirs en ce pays veulent vivre les uns avec les autres, et faire en sorte que la justice règne pour tous les êtres humains.»

Consacrons-nous, dans nos actes et dans nos prières, à cet idéal que les Grecs ont nommé, il y a des siècles: «Dompter la sauvagerie de l’homme et rendre le monde meilleur».

Léon Robichaud
Shippagan