Le N.-B. officiellement bilingue!

La ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas-Taylor affirmait dans un tweet cette semaine que le N.-B. est la seule province officiellement bilingue au Canada. Cette affirmation doit être nuancée puisque, dans la réalité quotidienne, le N.-B. n’agit pas toujours comme une province effectivement bilingue.

Restons dans le domaine dans la santé et nous constaterons que le bilinguisme de notre province n’est qu’un bilinguisme d’apparence. Les documents officiels seront traduits seulement lorsque les ententes seront terminées et si les documents s’adressent au public. Prenons la conférence de presse du premier semestre 2017 alors que le ministre de la Santé, Victor Boudreau, annonce la signature d’une entente avec Medavie, pour la privatisation du Programme extra-mural. Essayez d’avoir ce document en français: il n’existe pas parce que ce document ne s’adressait pas au public!

La Loi sur les régies régionales de la santé stipule qu’il doit y avoir un cadre de responsabilité qui décrit les rôles du ministre et d’autres ministres du gouvernement et des régies régionales de la santé. Pour donner suite à une demande d’information et la réception de la version 5.0 en anglais seulement, le responsable des politiques au ministère de la Santé (un francophone) répondait que la version finale serait traduite. Il aura fallu faire des pressions auprès du réseau Vitalité pour que celui-ci insiste pour négocier un texte français du cadre de responsabilité.

Nous pourrions donner d’autres exemples de ce bilinguisme d’apparence, nous arriverions à la même conclusion: le N.-B. n’est pas effectivement bilingue. Lorsqu’un ministre de la Santé francophone signe une entente avec un ancien premier ministre provincial et francophone et que cette entente est en anglais seulement, nous sommes loin de la réalité d’une province bilingue. Même le premier ministre actuel ne prend pas ses responsabilités en vertu de la Loi sur les langues officielles.

Jacques Verge
Dieppe