Merci à deux éclaireurs

Récemment, j’ai perdu une formidable camarade avec qui j’ai commencé ma carrière au gouvernement canadien, Ginette Chiasson-Baldwin, une femme authentique qui était toujours là pour nous appuyer et nous soutenir. Presqu’en même temps, notre doyenne de Bas-Caraquet, Vivine Ross, tirait sa révérence à 103 ans. Une des dernières de cette génération exceptionnelle de bâtisseurs et bâtisseuses d’églises, de peuple, de paix. Cette semaine ma grande amie, Françoise Enguehard, a aussi perdu un être exceptionnel, Harry. Je suis triste et nostalgique. Que peut-on dire devant la perte d’un être cher? Les portes de la vie se referment à jamais et c’est fini… ou l’est-ce vraiment?

Heureusement qu’il y a Dieu, la solidarité humaine et l’empathie pour nous aider à passer au travers afin de nous dire que tout ça a un sens, et que la vie est plus qu’une grosse «farce» ou une terrible «tragédie».

La dernière chronique de Rino Rossignol partageant sa conviction intime que Dieu existe, sans l’imposer en dogme ni à personne, et l’article portant sur le travail de Valois Robichaud, plaçant la personne au centre de nos vies, mettent un baume au cœur et sont porteurs d’espoir. Bravo, M. Rossignol pour avoir osé partager cela. Aujourd’hui, parler de Dieu dans une chronique, sauf pour une chronique religieuse, j’ai l’impression que c’est tabou. Je trouve que c’est rafraîchissant de pouvoir parler de son expérience de Dieu en toute simplicité, comme tous les gens ordinaires que nous sommes, sans artifices et hors institutions. N’est-ce pas une question pourtant si cruciale que chacun et chacune d’entre- nous s’interrogent, de temps en temps, puisqu’elle répond à un besoin fondamental de toute vie de vouloir donner un sens à son existence terrestre et à l’au-delà.

Bravo également à Valois Robichaud pour remettre la personne, son vécu et son ressenti, au cœur de nos vies et de nos actions. Ces deux témoignages nous donnent de la lumière pour nous, mais aussi pour nos communautés acadiennes dans un monde où trop souvent tout semble sacrifié sur l’autel du contrôle, de la consommation, de l’égoïsme, de la jalousie et du confort. On dirait les cinq plaies d’Égypte. Ces plaies qui sont nos véritables ennemies, qui nous tirent vers le bas, qui nous rapetissent, brisent les solidarités humaines et risquent de détruire nos communautés.

Merci à ces deux éclaireurs de mettre au cœur de nos vies, de nos actions la personne, le reflet de Dieu, «une force supérieure» comme le disait si bien ma mère.

Lucie LeBouthillier
Bas-Caraquet