Le racisme dans un monde inclusif

Certains énoncés, comme le titre de ce texte, peuvent bien paraître anachroniques et contradictoires. Comment un pays qui se veut inclusif peut-il être raciste? Eh oui, on peut être victime du racisme subtil au quotidien, même dans un pays comme le Canada de Justin Trudeau qui se targue d’être à l’antipode de celui de Donald Trump. Pour les gens qui ne se convainquent que par les statistiques, il suffit de lire l’article de La Presse canadienne dont fait écho l’Acadie Nouvelle dans sa parution du 6 juin 2018 pour s’en rendre compte. Une personne visible, noire de surcroît, est d’office perçue comme étant une potentielle voleuse à l’étalage.

Les exemples sont légion, mais trop en parler crée un malaise qui risque de mettre en doute notre modèle d’inclusion, une marque de commerce dont on fait fièrement la promotion, et ce, parfaitement orchestrée et tambour battant. Avons-nous fait du progrès dans l’acceptation de l’autre? Oui. Sommes-nous foncièrement racistes? Non.

Cependant, la peur de la différence nous hante encore, et ce sans aucune raison valable. Cette peur nous amène à éviter d’aborder le thème, source de potentiel conflit, comme si l’évitement entraînerait la disparition dudit conflit. Les victimes ont aussi opté pour l’évitement, histoire de ne pas froisser la susceptibilité de leurs bourreaux. C’est ainsi qu’on finit par se convaincre que le problème n’existe pas, pour la simple raison qu’on ne le voit pas. Vive l’inclusion au pays des saints Thomas!

Jean Codjo
Moncton