Inéquité criante

Lorsqu’une personne décide de poursuivre ses études postsecondaires, c’est souvent dans le but d’obtenir un emploi qui sera rémunéré de façon à vivre agréablement.

À la suite de l’obtention de mon diplôme en techniques correctionnelles, j’ai eu l’occasion de travailler en tant qu’agente correctionnelle ainsi que travailleuse de soutien résidentiel. Cela m’a permis de constater une iniquité salariale considérable dans le secteur des soins communautaires.

L’emploi d’agent correctionnel est un emploi à prédominance masculine tandis que celui de travailleuse de soutien résidentiel est un emploi à prédominance féminine. Les deux postes demandent à travailler avec des gens ayant des difficultés émotionnelles ou comportementales. Il reste que ce sont deux postes très semblables au niveau des exigences, car tous les deux nécessitent une formation collégiale. Les tâches de ces deux emplois englobent le counselling, l’enseignement des compétences de vie quotidienne, la rédaction des rapports, aider les clients à gérer leurs problèmes de colère ainsi que d’assurer la sécurité des gens concernés. Tout comme les institutions carcérales, les résidences communautaires ont aussi un aspect de danger qui est souvent négligé.

D’après mes expériences, je travaillais deux fois plus fort en tant que travailleuse de soutien résidentiel pour la moitié du salaire d’agente correctionnelle. En se basant sur les responsabilités, les compétences, les conditions de travail ainsi que les efforts des deux emplois, il est évident qu’il existe une iniquité au niveau des paies. En 2018, il est attristant de voir que les emplois à prédominance masculine sont plus valorisés que les emplois à prédominance féminine. Cela nous démontre qu’une loi pour l’équité salariale dans le secteur privé est nécessaire au Nouveau-Brunswick. Le temps de passer à l’action, c’est maintenant!

Marie-Josée LeBlanc,
Étudiante en criminologie
Université de Moncton