Aux paroissiens de décider

Les propos tenus par l’évêque Jodoin concernant le sort des murs de l’église de Bas-Caraquet sont très surprenants pour ne pas dire choquants.

Une journée après l’incendie, il a déjà pris la décision de démolir ce qui reste de l’église et d’en construire une neuve, sans consultation avec les paroissiens.

S’il vous plaît, un peu de compassion et de respect envers ceux et celles qui viennent d’être éprouvé par ce désastre, qui sont encore sous le choc et remplis de peine et de tristesse. Laissez les cendres refroidir et laissez les gens respirer un peu.

La sagesse recommande de prendre le temps de réfléchir et d’étudier les différentes options possibles avec les rapports des experts afin de prendre les meilleures décisions possible concernant l’avenir de toute une communauté. Ce n’est pas à une seule personne de décider ce qui doit être fait, à moins que celle-ci paye de sa poche pour tous les frais qui seront engagés. À ma connaissance, le diocèse ne donne pas un sou pour la construction et le maintien des églises. Les assurances sont payées par les paroissiens et ce serait à eux de décider ce qu’ils feront avec cet argent. Le diocèse a peut-être les titres de propriété, mais les paroissiens doivent avoir un droit de regard et de décision sur l’argent recueilli pour la paroisse. Le diocèse prélève une taxe sur les revenus des paroisses et dépend ainsi de celles-ci pour son existence. En prenant une décision prématurée, l’évêque donne raison à ceux et celles qui disent: «L’évêque doit être content que l’église a brûlé».

L’église n’est pas complètement détruite, les murs sont là pour le prouver, et à moins d’avis contraire des experts, ils sont toujours en bon état. C’était la partie la plus onéreuse lors de la construction de l’église. Que Mgr Jodoin donne les noms des ingénieurs qu’il affirme avoir consultés et montre leurs rapports écrits sur l’état des murs et on le croira. Difficile à croire que des ingénieurs ont inspecté les murs encore chauds de l’église une journée après l’incendie. Les églises de Grande-Anse et de Néguac ont brûlé et ont été reconstruites sur les mêmes murs. Ces églises sont toujours debout. Le couvent de Caraquet a brûlé en 1992 et les murs sont toujours là. Il n’y a pas de clôture autour du Couvent. Il y a même une estrade pour des spectacles.

Il faut prendre le temps de bien étudier à tête reposée toutes les options avec les rapports des différents experts en main et non pas dans l’air du temps. Il n’y a pas d’urgence à précipiter les choses. La sagesse le demande. C’est aux paroissiens de décider pour leur avenir.

Fidèle Thériault

Caraquet