Pas de geste précipité

Je suis architecte en conservation retraité du gouvernement fédéral. Ma mère, mes grands-parents et plusieurs de mes oncles et tantes ont été baptisés dans l’église de Bas-Caraquet. Plusieurs d’entre eux reposent de l’autre côté de la rue.

Je suis d’avis qu’il faut prendre le temps d’examiner toutes les options avant de démolir précipitamment les murs. Il y a de très beaux exemples au Québec d’églises incendiées où on a conservé une partie des murs d’origine pour y intégrer une nouvelle chapelle. Je cite en exemple l’église Saint-Paul d’Aylmer à Gatineau (incendiée en 2009), l’église Notre-Dame-de-Foy à Québec et la cathédrale de Mont-Laurier. Cette approche a l’avantage de conserver la mémoire du lieu. J’encourage le comité de sauvegarde, le conseil municipal et les futurs architectes à examiner ces projets pour s’en inspirer. Démolir précipitamment ces murs créera un vide au sein de la communauté. À défaut de pouvoir reconstruire cette église patrimoniale construite en 1904, conservons-en au moins des vestiges pour le réconfort des fidèles actuels et l’instruction des générations futures.

Claude Charbonneau
Ottawa