Deuil et espoir

Notre communauté de Bas-Caraquet a subi une perte en partie irremplaçable suite à l’incendie de l’église; nous pouvons reconstruire, mais nous ne pourrons pas remplacer les efforts et les sueurs de nos ancêtres et les joyaux réduits en cendre. Merci à nos pompiers d’avoir travaillé fort en étant confiants que le bâtiment était sauvé, mais comme nous, quelle désolation de voir l’église de nouveau en feu le lendemain.

Le Comité de sauvegarde de l’église avait déjà atteint une bonne partie de son objectif et il restait le mur ouest; Armel était allé justement préparer des pierres avec des volontaires samedi en préparation pour la réparation de ce mur. Dimanche, le feu éteint et l’espoir de continuer, puis lundi le désastre. Nous voyons le squelette de notre église et en même temps tout le travail fait par nos aïeuls, sans grue, ni aucune machinerie motorisée.

Que sera l’avenir? Raser, reconstruire, construire un nouveau bâtiment? Notre évêque a réagi vite en parlant de reconstruction et je l’en félicite, mais il faut donner le temps à la communauté de discuter et de voir ce qui est le mieux à faire en coordination avec le Conseil de gestion, le Comité de sauvegarde, le village, les organisations locales et le diocèse. L’église n’existe qu’avec des fidèles et ils méritent d’être consultés et écoutés.

Trop tôt pour décider, mais nous avons un devoir de laisser aux générations futures un exemple de la détermination de nos ancêtres et s’il est impossible de reconstruire en utilisant ce qui reste, il faudra en conserver les parties importantes. Il faut d’abord connaître la condition de ce qui reste debout et il nous faut l’avis d’experts compétents dans ce domaine. À la suite du rapport de ces experts, la communauté pourra discuter de la suite et s’entendre avec le propriétaire légal des lieux, le diocèse, sur une solution raisonnable et acceptable et nous sommes sûrs que notre évêque va appuyer cette démarche.

Notre évêque, Mgr Daniel Jodoin, s’est joint à nous au Club des 50+ en compagnie de notre curé, père Edmond Thériault, lors du souper en hommage aux 90+ le vendredi 22 juin et il a constaté combien nous respectons nos aînés et combien nous leurs sommes reconnaissants de l’héritage qui nous a été laissé. Je suis persuadé qu’il comprend notre état d’esprit et qu’il est ouvert à collaborer avec la communauté chrétienne de Bas-Caraquet et Pokesudie.

Présentement, contrairement à certaines déclarations, il n’y a pas de dissonance d’opinions dans le Comité de sauvegarde de Bas-Caraquet. Il y a des opinions et nous attendons les rapports d’expertises avant de nous prononcer et de consulter la population. Nous n’enterrerons pas les 800 000$ investis depuis cinq ans sur la structure sur des suppositions avant de connaître exactement la condition des restes de l’église et nous demandons simplement à notre évêque de prendre cette voie. Il n’y pas d’acharnement contre lui et nous sommes sûrs qu’il est de cet avis.

Même scénario avec les pompiers. Si une ou deux personnes les ont critiqués pour leur travail, c’est surtout dû à l’émotion du moment et à l’ignorance des circonstances entourant ce désastre. Ils ont fait un bon travail avec les équipements dont ils disposaient et la formation qu’ils ont reçue. Sur le coup, il est facile de blâmer et chercher des coupables, mais nous n’en sommes pas là. Il appartient aux autorités concernées d’enquêter et de faire rapport comme la GRC l’a annoncé ce matin du 29 juin. Nous attendons le rapport du prévôt des incendies pour le reste.

Théo Noël
Bas-Caraquet