Un leader cruel, menteur, corrompu et dangereux

Si on en juge par ses discours, on pourrait facilement conclure que Donald Trump se perçoit sinon comme le Roi-Soleil du moins comme le sauveur d’une Amérique en décadence. Ses agissements se font en fonction de sa seule personne cherchant toujours les pleins feux de la rampe. Il mène le pays selon les humeurs du moment et le résultat en est un de chaos, de confusion et d’incompétence.

Dès le début de sa campagne présidentielle, il prononçait des propos racistes et xénophobes: les Mexicains qui traversent la frontière sont «des trafiquants de drogue, des criminels et des violeurs». Pour éviter l’entrée aux États-Unis d’immigrants haïtiens, il traite ce pays ainsi que le Salvador et les pays africains de «pays de merde», ce qui a pour effet de ranimer les profondes divisions au sein du pays.

Il n’est intéressé que par sa base électorale, des gens issus de la «Bible Belt», 15 États du sud-est américain dont de très nombreux habitants sont d’un protestantisme et d’un fondamentalisme rigoureux qu’on appelle aussi droite religieuse. Ceux-ci font une lecture littérale de la bible et veulent imposer leurs vues à l’ensemble du pays. Delà l’importance de soutenir un président qui veut nommer à la Cour Suprême des juges très conservateurs qui voient à interpréter les lois selon des conceptions religieuses relativement au divorce, à l’homosexualité, à l’avortement et à l’immigration.

La haine et l’intolérance y ont droit de cité et se justifient parce que perpétrées au nom de Dieu. C’est par la Bible qu’on explique l’esclavage, la ségrégation et les horreurs du Ku Klux Klan. C’est aussi la région des États-Unis où le taux de divorce, de meurtre et d’obésité sont les plus élevés, où la pauvreté est rampante et où la qualité de la santé laisse à désirer. On y trouve un grand nombre de personnes atteintes de maladies transmises sexuellement. Et, oui, on y favorise la peine capitale.

Les adeptes sont prêts à tout pardonner au président y compris ses nombreux écarts de conduite – mensonges, cruauté, humiliations, libertinage, misogynie – du moment qu’ils obtiennent ce qu’ils veulent, dont la nomination de juges ultraconservateurs. Donald Trump est conscient de cet état de choses et se permet toutes sortes d’écarts de conduite indignes d’un président.

Pour décourager l’entrée d’immigrants et de demandeurs d’asile, sa politique de «tolérance zéro» permet la séparation d’enfants de leurs parents avec les cruels déchirements que cela cause. C’est la force de l’opinion publique et la critique des médias, dont certains conservateurs, qui ont fait reculer le président. On n’a même pas bien documenté l’esthétique cas. De la pure incompétence.

Trump allait assécher le marais que représente le milieu politique et administratif de Washington: il a enlevé des crocodiles pour y placer des alligators. Le plus bel exemple, c’est son secrétaire à l’Environnement, Scott Pruitt, qui baigne dans de nombreux scandales, les abus de pouvoir et les dépenses extravagantes. Donnons à titre d’exemple une visite qu’il a fait au Vatican, au coût de 120 000$, au cardinal George Pell d’Australie lequel, en plus d’avoir été accusé d’agressions sexuelles auprès d’enfants de son pays, est un climatosceptique. Ce genre d’extravagances durait depuis des mois, et Trump ne le rappelait pas à l’ordre. Il appréciait le travail de démantèlement des règlements environnementaux mis en place par l’administration Obama. Est-ce ainsi qu’on assèche un marais et qu’on massacre la planète?

Trump néglige carrément les pays alliés pour s’intéresser aux dictatures de la Corée du Nord, des Philippines et de la Russie qu’il ne manque pas d’admirer. Il était de coutume que la première visite d’un président américain se faisait du côté du voisin du Nord. Trump choisit plutôt de partir en guerre avec le premier ministre canadien.

Ses instincts lui révélaient dernièrement qu’il devait imposer des tarifs sur de nombreux produits en provenance de pays alliés et de la Chine, un geste qui pourrait s’avérer dangereux pour tous les intéressés. Ses coupures de taxe ont surtout bénéficié à ses riches amis et ont ajouté un billion et demi (1 500 000 000 000$) à l’énorme dette du pays. Et, il se vante d’être le plus formidable président de l’histoire américaine. Oh, vraiment!

Hector J. Cormier
Moncton