De la poudre aux yeux?

Nous avons appris, par l’Acadie Nouvelle du 16 juillet, que pour lutter contre la détresse psychologique des jeunes, le gouvernement s’apprête à créer des partenariats dont le but sera de garantir une prise en charge rapide et l’accès à des services adéquats.

Or, faut-il rappeler le triste incident survenu à Saint-Jean en février 2018 où les partenariats ont échoué lamentablement.

Ce sont les shérifs qui ont découvert fortuitement de jeunes enfants gisant dans un état affreux et pathétique: un logement infesté, des excréments partout, des puces et un désordre inouï. Les enfants souffraient de sous-alimentation, étaient couverts de lésions et avaient les dents cariées. Ils ne fréquentaient l’école que la moitié du temps.

Cette situation s’est produite alors même que la mère bénéficiait de l’aide sociale, qu’un dossier de protection était ouvert et que les protocoles étaient en place.

Le public avait été outré par une telle horreur, mais l’affaire a vite été oubliée quand on a appris que le défenseur des enfants procéderait à une enquête.

Chaque fois, le gouvernement soutient que les interventions sociales reposent sur un système de partenariat expéditif et efficace.

Il nous assure que les protocoles indiquent que les intervenants travaillent étroitement de façon stratégique, qu’ils échangent de l’information et qu’ils évaluent le risque dans les 24 heures en suivant religieusement le «modèle de prise de décision structurée».

Tout cela est bien beau, mais il n’y a pas suffisamment de professionnels pour mettre en oeuvre les protocoles. N’est-ce pas de la frime que de clamer que de nouveaux partenariats seront créés quand on sait que le stratagème ne vise qu’à laisser croire qu’on fait plus avec le même nombre d’intervenants?

Claude Snow (Caraquet)
Comité des 12