Guy Thériault, un grand Acadien

Il y a déjà quelques semaines, Guy Thériault nous quittait en silence sans faire les manchettes. Sa vie mérite une reconnaissance officielle pour l’œuvre qu’il a réalisée comme directeur de la station de Radio-Canada à Moncton, de 1958 à 1982. Son professionnalisme et son engagement auront profondément contribué au développement sociopolitique de l’Acadie.

Comme à Fredericton où beaucoup de hauts fonctionnaires anglophones aimaient se servir de leurs collègues francophones pour la traduction de leurs notes de service, certains de ses supérieurs de CBC-Halifax, dont Moncton était une sous-station, auraient voulu se servir de lui comme traducteur.

Sans tambour ni trompette, affirmant que l’Acadie n’était pas une traduction, il devait s’imposer pour mettre fin à ce régime en convainquant la haute direction de Radio-Canada de faire de la station de Moncton une station à part entière des Services français du Réseau national. Il s’est alors associé comme adjoint, Jean-Louis Tanguay, Leatitia Cyr et Raymond Savoie pour créer à Moncton des émissions à l’image de l’Acadie, dont entre autres, le Téléjournal régional, Coup d’œil, Pistrali, Encore debout, Génies en herbe, de même que pour la diffusion au Réseau national de concerts du Festival international de musique baroque de Lamèque et de spectacles de la Fête nationale du 15 août.

Mine de rien, mais non sans fermeté, il savait en même temps transmettre aux collègues annonceurs et journalistes son souci de l’excellence et son respect de la langue française et de l’éthique journalistique.

Si le passé est garant de l’avenir, les historiens de l’Acadie doivent reconnaître Guy Thériault comme un grand Acadien. Si l’Acadie se crée un jour un Panthéon, Monsieur Thériault y occupera sans doute une bonne place, parce que ce qu’il a obtenu n’a pas été offert sur un plateau d’argent.

Benoît Duguay
Moncton