Restera-t-il quelque chose pour les générations futures?

L’idée de privatiser le Programme extra-mural du gouvernement provincial a soulevé bien des passions depuis le début du débat en septembre 2017 alors qu’on en faisait l’annonce. On pouvait s’y attendre, le programme était tellement estimé.

Un tel programme avait sa raison d’être: on voulait libérer des lits d’hôpitaux dont les coûts par patient sont très élevés et permettre aux patients d’aller récupérer à domicile moyennant des soins médicaux appropriés prescrits par les médecins soignants.

Avec une population vieillissante et dont les membres ont de plus en plus besoin de soins, on peut s’attendre à ce que ce secteur de la population soit bien desservi par le programme extra-mural. Ils le méritent entièrement.

Mais qu’est-ce qui arrivera à celles et à ceux de ma génération quand ils arriveront à l’âge où ils auront besoin de ces soins? Le programme se voulait au départ, dans la conception de Tommy Douglas et de Lester Pearson, sous gestion publique et universelle. Est-ce qu’il sera complètement privatisé et s’approchera-t-il d’un système à l’américaine où les soins médicaux sont tellement coûteux qu’il ruine bon nombre d’Américains et d’Américaines?

Et, quand on sait que le programme extra-mural coûtera 44 millions $ de plus sur dix ans dans le privé que dans le secteur public, ces montants iront-ils s’ajouter à la dette publique provinciale? Qu’est-ce ce qu’on veut laisser aux générations futures auxquelles on ne peut même plus assurer une sécurité de retraite?

Si la santé est un droit comme le pensait l’initiateur de l’assurance maladie, Tommy Douglas, le système de santé doit demeurer sous gestion publique, être universel et payé à même les deniers publics.

La population s’est prononcée sans équivoque contre la privatisation. Les gouvernements doivent en tenir compte.

Éric Dow (Moncton)
Artiste et militant acadien