Blâmer le ministre ou ses fonctionnaires?

Trois annonces récentes faites par le gouvernement en santé me portent à croire qu’il serait facile de blâmer le ministre pour celles-ci mais que la véritable cause serait plutôt le manque de vision de ses hauts fonctionnaires.

Que ce soit le projet pilote d’Ambulance NB dans les régions rurales, le 4% de plus pour les urgentologues dans les hôpitaux régionaux ou la nomination d’un facilitateur pour régler la situation de l’examen des infirmières, ces trois solutions démontrent un manque de vision des fonctionnaires du ministère de la Santé.

Le projet pilote d’ANB ne règle pas le problème majeur qui existe depuis près de 10 ans: le manque de service ambulancier en particulier en région rurale, le manque de personnel et le respect des droits linguistiques des francophones. Le 4% de plus pour les urgentologues ne règle pas non plus le problème identifié depuis fort longtemps soit celui du recrutement de médecins en région rurale. Que dire du facilitateur nommé pour régler la discrimination causée par l’examen NCLEX-RN. Nous savons tous qu’il faut un autre examen!

L’équipe rapide d’intervention d’ANB amènera-t-elle la personne plus rapidement? Non, il faudra attendre l’ambulance! Avoir des urgentologues plus payés dans les centres régionaux encouragera-t-il les médecins à s’établir dans nos communautés rurales? Non, au contraire, les jeunes médecins seront encore plus enclins à demeurer en ville. Le facilitateur règlera-t-il le problème des infirmiers et infirmières francophones? Non, on discutera et on discutera alors que le gouvernement a le pouvoir de faire bouger l’AIINB mais ne le fait pas.

Est-ce que ces solutions qui ne règlent rien ont été mises en place seulement parce que nous sommes à moins de deux mois d’une élection ou est-ce que c’est le meilleur que peuvent nous proposer les hauts fonctionnaires du ministère de la santé? À vous de répondre.

Jacques Verge
Dieppe