En campagne électorale

Le premier ministre Brian Gallant est en campagne électorale et ça paraît. Le 15 août, à l’issue de la rencontre annuelle traditionnelle du premier ministre avec les dirigeants de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, il était plutôt fier de se présenter à la mêlée de presse, avec à l’arrière-plan une pancarte électorale bien en vue. Pourtant, il y a deux ans, à l’issue d’une rencontre identique, il avait préféré envoyer son ministre des Finances Roger Melanson rencontrer les journalistes à sa place.

Celles et ceux qui se plaignent du bilinguisme de Blaine Higgs, se souviennent-ils d’un chef conservateur bien moins bilingue du nom de Richard Hatfield qui a dirigé la province pendant dix-sept ans en créant, entre autres, des districts scolaires homogènes, le Village historique acadien, le Pays de la Sagouine et trois centres scolaires communautaires francophones dans des régions à majorité anglophone?

Se souviennent-ils que c’est avec un Brian Gallant bien bilingue et un ministre de l’Éducation bien acadien que le Nouveau-Brunswick a hérité de garderies bilingues, des foyers d’anglicisation pour des enfants en si bas âge?  Se souviennent-ils d’un gouvernement qui a privatisé le Programme extra-mural alors que personne n’en veut? Une décision qui coûtera 44 millions $ de plus sur dix ans sans que les services en soient améliorés? Qui peut expliquer que des Acadiens comme Victor Boudreau, Benoît Bourque, Roger Melanson et Serge Rousselle aient pu laisser faire ça?

Les sondages actuels rappellent-ils le sort réservé à Shawn Graham qui a voulu vendre Énergie NB au Québec et à David Alward qui s’entêtait à exploiter le gaz de schiste contre la volonté des citoyens? N’ont-ils pas vu la porte dès le premier mandat?

Septembre va-t-il nous dire que Brian Gallant avait raison de sortir son autobus électoral avant le déclenchement de la campagne électorale?

Benoît Duguay
Moncton