Débat électoral

Il paraît maintenant clair que la formule d’un forum électoral bilingue n’aura pas lieu, ce qui est, à mon avis, pour le mieux. Mais semble-t-il que Radio-Canada Acadie ne tiendra pas non plus de débat des partis en français.

Par le passé, les débats n’ont pas toujours permis aux citoyens de décider avec certitude quel parti méritait leur appui. Chaque chef de parti emploie généralement une bonne part de son temps d’antenne à dénigrer les partis d’opposition tout en vantant ses propres accomplissements. Mais il s’agit néanmoins d’un droit pour tout citoyen d’une démocratie d’être informé le mieux possible sur les valeurs et les intentions des divers partis en lice.

Cette décision vise à pallier les lacunes linguistiques d’un des chefs de parti, reniant du même coup les droits constitutionnels des citoyens. Mais qu’en est-il de la mission de Radio-Canada et de sa responsabilité envers les deux communautés linguistiques de la province? Où est l’équité promise par la Loi sur les langues officielles?

Je comprends difficilement la décision de Brian Gallant qui refuse les deux options de Radio-Canada, qui auraient permis la tenue d’un débat en français. Ne se rend-il pas compte qu’il risque ainsi de priver la communauté francophone de la province d’être informée convenablement sur les intentions de chacun des partis relativement aux principaux enjeux socioéconomiques et environnementaux?

Quant à Blaine Higgs, le fait qu’il n’est pas compétent à communiquer les deux langues officielles constitue déjà, à mes yeux, une preuve éloquente qu’il ne possède pas la compétence requise pour gouverner la province. Dans l’éventualité où son parti formerait le gouvernement, je craindrais alors pour la qualité des services que la communauté francophone de la province pourrait s’attendre de recevoir dans sa langue.

Cyrille Sippley
Saint-Louis-de-Kent