L’urgence d’agir pour assurer la durabilité de Travail Sécuritaire NB

Avec un déficit de plus de 130 millions $ en 2017 et une troisième augmentation anticipée des primes de cotisation des employeurs pour 2019, l’épineux dossier de Travail Sécuritaire NB continue de semer des inquiétudes partout dans la province. Le Régime d’indemnisation des accidents de travail au Nouveau-Brunswick n’est plus soutenable et il est urgent d’agir pour continuer d’appuyer les employés et les employeurs.

D’ailleurs, un groupe de travail a récemment produit un rapport d’une quarantaine de pages sur ce régime. Le rapport comprend pas moins de 28 recommandations et propose des changements radicaux à Travail Sécuritaire NB. Il est clair que le système actuel est brisé et nécessite des changements en profondeur immédiatement.

L’une des recommandations principales limiterait notamment les possibilités du tribunal d’appel des accidents au travail de rendre des décisions généralisées qui auront des répercussions sur les politiques de Travail Sécuritaire NB. En 2015, le gouvernement avait imposé une indépendance nette entre Travail Sécuritaire NB et le tribunal d’appel. Cela avait conduit à une augmentation des décisions favorables aux accidentés ainsi qu’à un élargissement de la liste des blessures et maladies couvertes, ce qui explique en partie l’escalade vertigineuse des coûts des primes du régime. Les autres recommandations du rapport ont touché les thèmes d’établissement des taux, l’hygiène et la sécurité au travail, la réintégration au travail, la rééducation, les prestations, la gouvernance, ainsi que la période d’attente de trois jours entre l’accident de travail et le versement des premières primes. Les membres du groupe de travail considèrent unanimement que la mise en œuvre des 28 recommandations sans exception sera nécessaire pour avoir un régime transparent, responsable, prévisible et, surtout, viable à long terme.

Il est donc impératif que des changements législatifs soient effectués pour avoir un système durable puisque la situation actuelle est insoutenable à long terme. Les employeurs de la province auront de la difficulté à absorber une troisième augmentation des primes qui, selon les prévisions, sera encore plus importante que les deux augmentations précédentes. Rappelons que les primes des employeurs ont augmenté de 33% en 2016 et de 15% en 2017 et on prévoit que d’ici 2019, le système de Travail Sécuritaire NB ajoutera entre 156 et 185 millions $ aux coûts des employeurs du secteur privé de la province depuis 2016.

Ces augmentations représentent des coûts importants pour les entreprises qui devront trouver un moyen de les financer. Certaines devront se résoudre à mettre en veilleuse des projets d’agrandissement ou de croissance, réduire leurs efforts de recherche et développement ou bien elles n’auront pas les moyens d’investir pour chercher de nouveaux clients et développer de nouveaux marchés. D’autres entreprises absorberont peut-être ces coûts supplémentaires en diminuant les heures de travail de leurs employés ou réduiront même carrément leur effectif en éliminant des postes. Bref, personne n’est actuellement gagnant dans ce dossier complexe qui touche toutes nos entreprises, leurs employés et l’économie de notre province.

Comme le préconise l’initiative électorale «Nous choisissons la croissance» lancée par le Conseil économique du Nouveau-Brunswick, le Conseil d’entreprises du Nouveau-Brunswick, la Chambre de commerce de l’Atlantique, la Chambre de commerce pour le Grand Moncton, la Chambre de commerce de Fredericton, et la Chambre de commerce de la région de Saint Jean, nous devons avoir une économie axée vers le secteur privé afin que celui-ci puisse croître et créer des emplois. Le système actuel de Travail Sécuritaire NB est plutôt un boulet qui entrave la croissance de la province et affecte autant les employés que les employeurs. Le constat est clair: il faut agir sans plus tarder et apporter des changements radicaux à Travail Sécuritaire NB comme le recommande le groupe de travail.

Il y a maintenant plus d’une semaine que les campagnes électorales ont débutées, il est ainsi important de savoir comment les partis politiques en lice se proposent de régler cet épineux dossier qui affecte de près nos entreprises et leurs employés. Agissons avant qu’il ne soit trop tard.

Marie Chamberland
Présidente du Conseil économique du Nouveau-Brunswick