Le festival des prétentieux

Le festival des prétentieux est débuté. Les élections, qu’elles soient provinciales ou fédérales, sont toujours teintées de traditions, manières de faire et habitudes. Le scénario est relativement semblable à chaque fois.

Le gouvernement sortant défend son bilan et ses accomplissements. L’opposition déchire sa chemise en public sur les méfaits et les erreurs de ce dernier. Bien entendu, ils auraient tellement fait mieux…

Le jeu des prétentions vient à son paroxysme à l’approche de la date fatidique.

C’est le marathon de la course aux régions, dans un autobus plus gros que les idées émises par ces gens prêts à dire tout ce qu’il faut pour prendre le pouvoir. Le résultat voulu étant la victoire à tout prix.

On joue de part et d’autre à la ronde mirobolante des clichés accrocheurs et au gonflement des ego, même à nous faire croire en un nouveau soleil et que la vie sera plus belle, plus facile si on fait le choix judicieux.

Je ne comprends pas qu’en 2018, il y a encore des partis, même des militants au Nouveau-Brunswick, qui nomment des chefs qui ne peuvent s’adresser à toute la population dans leur langue maternelle.

C’est le 18 avril 1969 qu’a été promulguée la loi stipulant que nous avons droit à un service dans la langue de notre choix. Une loi qui a 49 ans. Le 17 juillet 1981, une loi a proclamé l’égalité des deux communautés, soit les anglophones et les francophones. Une loi qui a 37 ans. Que de batailles judiciaires, que de luttes et de vigilance il a fallu pour en arriver aujourd’hui à ne pas avoir des chefs de partis qui parlent couramment dans les deux langues officielles! Quel manque de respect, quelle naïveté, quel entêtement, quel manque de considération il faut pour choisir un chef qui ne peut s’adresser à un tiers de la population. Et que dire de Radio-Canada qui ose nous proposer un débat bilingue? Sa mission n’est-elle pas de faire rayonner la présence des minorités?

Qui sont ces bigots, ces étourdis qui affichent un tel manque de respect envers les francophones, des citoyens de plein droit reconnus par les lois de la province?

Pourquoi en sommes-nous encore à ces balbutiements? Qu’avons-nous fait ou pas fait pour en être encore là, après 50 ans?

Aurons-nous enfin un gouvernement qui ne sera pas timide dans l’application et la reconnaissance de notre droit d’être servi et de vivre en français dans cette province. Après 50 ans de timidité, aurons-nous enfin la fierté d’être français?

Personnellement, je ne veux pas être un français qui veut que tout le monde parle français dans la province. Que les anglophones soient servis dans leur langue, que leurs droits soient respectés, mais que les nôtres le soient aussi.

Les gens intelligents et respectueux sont capables d’apprendre une deuxième langue et avoir du respect pour eux et les autres. L’ouverture au monde se fait si on est ouvert aux différences, pas en voulant que tout le monde nous ressemble…

Si on pouvait changer le festival des prétentieux en festival des vérités et des rencontres réelles et vraies, comme les choses changeraient! Les gens ordinaires ne considéreraient peut-être plus les politiciens comme des menteurs et des voleurs…

Réginald Boudreau
Grande-Anse