Pas de monopole sur les mauvaises décisions

On entend dire que bien souvent les gens sont pauvres parce qu’ils prennent de mauvaises décisions. Leurs choix sont guidés, dit-on, par le désir d’obtenir des gratifications immédiates, ce qui les amène à agir de façon compulsive et irréfléchie.

Si tel est le cas, ce sont là de bien mauvaises habitudes qui découlent d’un manque de jugement et de discernement.

Mais à bien y penser, nos dirigeants politiques n’agissent-ils pas, eux aussi, exactement de la même manière?

Lorsque le gouvernement a décidé de dépenser 13 millions $ pour des services de consultation qui ont abouti à réaliser des économies de 10 millions $, se pourrait-il qu’il s’agissait d’une mauvaise décision, peut-être même irréfléchie?

Éviter de vérifier les factures des experts-conseils et les autoriser à préparer leurs propres contrats de service et à en surveiller eux-mêmes la mise en application ne traduit-il pas un mauvais choix politique? Une telle pratique ne fait-elle pas preuve de complaisance et d’un manque de droiture? En tout cas, il s’agit tout au moins d’une mauvaise décision.

C’est la vérificatrice générale elle-même qui, dans son rapport annuel de 2017, a dénoncé publiquement ces impairs politiques. Elle a souligné qu’attribuer des contrats de façon complaisante enfreint les règles les plus fondamentales.

Ainsi donc, les mauvaises décisions ne sont pas l’apanage exclusif des moins nantis. Avant de leur faire des remontrances et de sévir impitoyablement en leur reprochant mille et un torts, il faudrait d’abord taper sur les doigts des dirigeants politiques, car ils pourraient, eux aussi, bénéficier d’une leçon de sagesse.

Claude Snow (Caraquet)
Comité des 12 pour la justice sociale