RHSJ: un legs de 150 ans

«Démission de deux conseillers à Tracadie». Hé voilà! Bravo! Nous avons fait la une. Pour quelques raisons que ce soit, une conseillère et un conseiller ont claqué la porte du conseil municipal de Tracadie. L’Acadie Nouvelle et le Téléjournal Acadie ont jugé bon de placer cet événement au premier rang de leur tribune. La fin de semaine précédente, la municipalité fêtait le 150e anniversaire de l’arrivée des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph à Tracadie. Et le silence se fut!

Venues ici pour soigner la lèpre dans un temps où aucun remède n’existait pour celle-ci, les RHSJ ont fondé des orphelinats, des écoles, des hôpitaux et j’en passe, la liste étant trop longue pour le nombre de mots alloués dans cette lettre. ll est toutefois nécessaire de dire qu’elles étaient les instigatrices des premières écoles infirmières francophones au Nouveau-Brunswick.

Pendant trois jours, Tracadie était en fête, recevant des religieuses de l’Ontario, du Québec et de la Nouvelle-Écosse, pour ne nommer que celles-ci. Nous avons payé des annonces dans le journal, déboursé un montant important pour un cahier spécial de 12 pages dans l’Acadie Nouvelle, fait des entrevues à Radio-Canada et dans les stations locales, tout pour informer la population. La couverture à la télévision fut nulle. En ce qui concerne l’Acadie Nouvelle, on put heureusement lire une entrevue avec Nathalie Paulin et Brigitte Lavoie où celles-ci nous rappelaient l’importance qu’elles accordaient à l’enseignement reçue des religieuses. Nous avions aussi les Richelieu de Tracadie qui attirèrent l’attention des médias avec leur croustade géante aux pommes.

Les RHSJ au Nouveau-Brunswick sont LA raison principale de cette francophonie dans notre système d’éducation et de santé. Nous avons constaté l’importance que nos médias francophones les plus importants attachent à celles qui, jadis, ont fait en sorte que nous nous prenions en main. Et si cette fête avait été ailleurs? La question se pose.

Philippe Ferguson
Tracadie