La lieutenante-gouverneure aurait-elle erré?

À la suite des dernières élections provinciales, le Nouveau-Brunswick est dans une impasse et plus rien ne bouge comme avant. Accorder à un parti politique la première option de former le prochain gouvernement alors qu’il est minoritaire, sans possibilité assurée de former le prochain gouvernement, même avec l’appui d’un des tiers partis, c’est un prolongement d’incertitude sans équivoque.

Était-ce la prérogative de la lieutenante gouverneure? Ou était-ce une décision unilatérale de quelqu’un qui ne comprend pas le désir de la population qui s’est exprimée par un vote de non-confiance?

Quoi qu’il en soit, de ce fait, on encourage le maraudage et on sait que le maraudage ne peut que nous donner un gouvernement illégitime. Tout député élu l’a été avec un mandat bien clair: répondre aux attentes de ses électeurs. Les transfuges, ça peut se comprendre un peu, car il y a parfois de la frustration, des écarts d’opinions. Mais un candidat au titre de premier ministre qui, par la voie des médias, lance une invitation aux députés à changer de parti, à trahir ses électeurs, là je m’interroge. Quel exemple pour nos jeunes et quel manque de sérieux.

Si M. Gallant avait obtenu un siège de plus que M. Higgs, il aurait pu légitimement tenter de former le prochain gouvernement et ça, tous l’auraient compris. De plus, certains évoquent la majorité au niveau du vote populaire, mais est-ce valable? Et bien, en ce qui a trait à la députation au Nouveau-Brunswick, ça n’a aucune valeur.

Avec 22 députés et une entente avec le Parti vert ou l’Alliance des gens, M. Higgs pourrait diriger la province sans tout céder aux tiers partis. Oui, même M. Higgs ne fera probablement pas un plein mandat, mais, au moins, nous n’aurions pas eu à attendre six semaines, plus une autre période de six semaines, pour connaître l’identité de notre prochain premier ministre. Ce qui risque fort bien d’arriver puisque M. Gallant a dit ne rien vouloir savoir d’une entente avec l’Alliance alors que M. Higgs n’a besoin que de l’appui du Parti vert ou peut-être de l’Alliance pour gouverner. Avouons que c’est inquiétant.

Alors, Mme la lieutenante-gouverneure, dites-nous sur quoi est basée cette décision qui nous plonge dans une incertitude et qui risque de provoquer un ralentissement économique, social, et culturel.

Jean-Gérard Chiasson
Shippagan