Pas la coalition, mais la coopération

Depuis l’élection du 27 septembre, nombreux sont ceux qui ont discuté et écrit à savoir quel parti politique devrait prendre le pouvoir et former le prochain gouvernement provincial. J’utilise le mot «pouvoir» parce que c’est justement cela qui attire les politiciens. Le pouvoir permet à ceux qui le détiennent de profiter de toutes sortes de bonnes choses pour eux-mêmes, leurs amis et leurs supporteurs. La coalition est chouette, mais on doit partager le pouvoir avec un autre parti pour un bout de temps et ceux qui sont écartés du jeu sont portés à faire des crises de rage et bouder.

Et si tous ces élus de l’Assemblée législative décidaient de coopérer, non pas par coalition, mais en partageant réellement le pouvoir et les responsabilités? Le chef du parti qui serait mandaté par la lieutenante-gouverneure de former le prochain gouvernement composerait son cabinet en choisissant les politiciens les plus compétents pour mener chacun des ministères parmi les députés les quatre partis. L’Alliance et les Verts auraient chacun un ministère alors que les autres seraient partagés également entre les libéraux et les conservateurs. Le gouvernement déciderait alors des politiques et des dépenses par consensus. Le vote serait uniquement considéré dans un ultime effort pour faire avancer les choses.

Pensez au legs que ces politiciens laisseraient derrière eux. Adieux les manigances, adieux les cadeaux aux bienfaiteurs du parti, adieux aux dépenses exagérées, et j’en passe. Les politiciens devront penser de façon autonome, apporter des idées constructives à la législature et apprendre à décider par consensus. La courbe d’apprentissage pour apprendre à décider par consensus pourrait être raide, mais je crois qu’on pourrait l’atteindre.

Si un tel modèle était implanté au Nouveau-Brunswick, on ferait l’envie du reste du Canada et d’ailleurs. Imaginez la seule province officiellement bilingue au Canada qui adopterait une nouvelle façon de gouverner, une façon qui pourrait rapprocher les deux communautés linguistiques, un gouvernement qui travaillerait pour le bien commun de tous ses citoyens, un gouvernement qui décloisonnerait sa façon de penser. Vous allez dire que je suis utopique; mais peut-être qu’on pourrait essayer l’idée ici au Nouveau-Brunswick.

Donald Wade
Tracadie