Pour une sortie de crise à Bas-Caraquet

Tout d’abord, tout le monde veut la même chose, c’est-à-dire une nouvelle église. C’est bien évident, car nous n’en avons plus. C’est la manière de faire les choses, nos mandats particuliers et des visions différentes de ce que pourrait être cette nouvelle église qui nous divisent.

Soyons clair, et nous le répétons, le Comité de sauvegarde ne prône pas de rebâtir l’église à l’identique. Le Comité de sauvegarde a élargi son mandat et a reçu l’aval de la communauté en réunion publique, le 19 août dernier, pour voir à l’utilisation possible des murs de l’église. Il a été convenu, à ce moment-là, de nous réunir de nouveau, suite aux résultats du rapport, afin d’offrir des options à la population et pour pouvoir, si cela était réaliste et ne supposait aucun coût supplémentaire pour la communauté, d’obtenir du financement fédéral/provincial pour la partie communautaire.

Autre donnée importante, suite à la tragédie de notre église, l’Université Laval de Québec nous a contactés pour nous offrir gratuitement et généreusement un projet d’étude sur les possibilités d’utilisation des murs de l’église. Vous pensez bien qu’on a sauté là-dessus. Nous avons donc reçu 15 étudiants en architecture accompagnés de leur professeur, Mathieu Boucher-Côté, pour étudier les murs de l’église et proposer, suite à l’étude du rapport, ce qui pourrait être préservé dans la construction d’une nouvelle église. Le hic, c’est que les 15 esquisses de plan proposées ne seront pas prêtes avant la fin décembre et que l’évêque a déjà annoncé la démolition imminente des murs, sans doute à cause des délais prescrits par les assurances.

Malgré le fait que, selon nous, et comme on le dit familièrement «on a mis la charrue avant les bœufs», le Comité de sauvegarde tient à démontrer sa bonne volonté et son désir de travailler avec tous et toutes pour que notre communauté demeure unie et solidaire.

Voici donc ce que nous proposons à Mgr Jodoin, au père Thériault, au Conseil de gestion paroissiale et à la population qui a contribué à cette église pour que chacun puisse sortir honorablement de cette impasse:

– Que l’évêque demande à la compagnie d’assurance de repousser de six mois l’échéancier pour la démolition du monument. Nous avons été informés qu’il serait possible de prolonger ce délai si l’évêque en faisait la demande.

– Qu’à la fin octobre, le Conseil de gestion, la Municipalité et le Comité de sauvegarde rencontrent le professeur en architecture, Mathieu Boucher-Côté, pour qu’il présente les ébauches d’esquisses que les étudiants proposent afin d’obtenir un son de cloche des principaux acteurs en place;

– Qu’ensuite, une réunion publique soit organisée à la fin décembre pour permettre à la communauté au complet de recevoir une présentation de ces 15 esquisses finales et se donner l’opportunité d’arriver à une option qui pourrait faire consensus dans la communauté et qui pourrait par la suite être présentée à Mgr Jodoin.

Évidemment, nous comprenons et apprécions le fait que cela va retarder de possiblement six mois, la construction d’une nouvelle église, mais c’est l’offre que nous faisons à l’évêque, au Conseil de gestion de la paroisse, à tous les organismes concernés et à la communauté qui ont contribué à ce monument pour trouver une sortie de crise positive et respectable pour tous et toutes.

Lucie LeBouthillier
Présidente du Comité de sauvegarde de l’église de Bas-Caraquet