Décrocher pour mieux recommencer

Dernièrement, un jeune décrocheur scolaire est venu me consulter. Cette rencontre me ramène à mon adolescence.

À partir de son adolescence, mon père a vécu avec la maladie de l’alcoolisme, maladie inconnue dans les années 1930. Je me souviens de sa lutte pour demeurer sobre. Il se joint au mouvement Lacordaire, seul organisme connu dans ma région et qui aidait les buveurs à demeurer sobres. Mal à l’aise dans ce climat familial, j’abandonne l’école avant d’avoir terminé ma 7e année scolaire. À la suite d’un weekend de croissance spirituelle à Bathurst, mon père demeure sobre jusqu’à sa mort.

Ayant vu papa cesser de décrocher de sa sobriété, j’ai eu la grâce du recommencement. À 17 ans, une 7e année non terminée, j’entre au Collège Saint-Joseph. Mes confrères de classe étaient d’environ 4 ans plus jeunes que moi. Dans les années 1950, les classes pour adultes ou de rattrapage n’existaient pas. J’ai réussi des études universitaires avec succès suite à mon décrochage.

À vous jeunes décrocheurs comme moi, j’aurais le goût de vous dire: «Ne baissez jamais les bras. Tout peut recommencer, excepté la mort. N’oubliez pas que la dynamique de la vie terrestre est un cycle de départs et de recommencements».

Léon Robichaud
Shippagan