Un propos offensant

Tout le monde reconnaît que l’âgisme – ce virus qui crée des préjugés et qui empêche le monde de vivre pleinement dans l’espace du troisième âge en relation avec la jeunesse – n’est pas le propre que des jeunes. Quand il se manifeste chez un voisin ou un ami de son âge, il est dommageable, mais moins grave que quand il se manifeste sous la plume d’un chroniqueur. Sous cet angle, la chronique de mon ami Bernard Thériault du 13 octobre dernier dans l’Acadie Nouvelle est tout ce qu’il y a de plus disgracieux et offensant pour les personnes de mon âge.

Quand il reproche aux personnes aînées, par la voix de leurs regroupements, de réclamer et d’obtenir trop au détriment de la petite enfance, Bernard oublie les nombreuses heures de bénévolat que font les personnes du 3e âge justement pour les enfants et les personnes vulnérables. Pour ne citer, entre autres, que les Salons du livre où les enfants occupent la plus grande place, le Lire et Faire lire Acadie où les 50+ vont développer le goût de la lecture chez les enfants des classes du primaire et les hôpitaux où la cohorte de bénévoles constitue un soutien inestimable au personnel hospitalier. Et les frais de déplacement que ces bénévoles assument personnellement pour se rendre aux lieux de leur bénévolat.

Dans l’étude qu’il a menée sur le bénévolat en 1997, Statistique Canada révèle que «les personnes âgées des provinces des Prairies, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse étaient plus susceptibles de faire du bénévolat que celles des autres provinces».

À retenir avant de dénoncer les revendications des organismes qui militent pour le bien-être des personnes aînées vivant chez elles ou en foyer de soins.

Benoît Duguay
Moncton