Le pot légal

Nous n’avons pas fini de parler du cannabis, de la marijuana ou tout simplement du pot durant les prochains mois ou les prochaines années. Tout comme la boisson alcoolisée, je crois que c’est ici pour de bon.

Nous savons maintenant que le gouvernement libéral de Justin Trudeau a légalisé la vente de ce produit au Canada chez des vendeurs autorisés le 17 octobre dernier et pour les personnes ayant 19 ans ou plus au N.-B.

Nous devrons attendre quelques années pour évaluer si ce fut une sage décision. Depuis quelque temps, certaines personnes pouvaient se procurer ce produit par l’entremise d’un médecin pour des douleurs ou des malaises chroniques.

D’autres individus en achetaient «de vendeurs ou de revendeurs sur la rue ou un peu partout». Pas compliqué du tout de s’en munir, mais plus difficile de juger si le produit était toujours de bonne qualité. Certains individus avaient même des plants dans leur cour arrière, dans un boisé à proximité et possiblement dans leur maison ou logement.

Plusieurs choses m’intriguent avec la légalisation du cannabis. Dans un premier temps, le gouvernement du Canada et le personnel œuvrant dans le domaine de la santé prônent depuis des années que le tabac est une cause importante de mortalité au Canada, étant une cause de cancer. Il contient de la nicotine. Fumer du pot avec du tabac ou sans tabac serait une façon de produire de la fumée, soit de la nicotine, donc aussi nocif pour la santé que la cigarette.

Chaque fois que je m’inscrivais à l’hôpital pour des tests, des examens, etc., on me demandait si je fumais. Naturellement, je pensais jusqu’à récemment que c’était du tabac. On devait garder des statistiques quelque part sur le pourcentage de fumeurs qui s’y présentaient. Va-t-on continuer cette pratique, étant donné que le cannabis est légal partout au Canada? Je sais par contre que l’on peut consommer de la marijuana sans faire de fumée, soit dans des gâteaux, biscuits et pratiquement tout ce qu’on mange, ayant des effets de jouissance, de relaxation et d’euphorie, mais moindre, dit-on que de le fumer.

Ayant œuvré durant tout près de 40 ans en travail social, surtout psychiatrique, je sais d’expérience que plusieurs personnes ont commencé à fumer du pot pour aboutir à des drogues plus fortes et possiblement plus nuisibles à la santé. Certains experts soutiennent que ça peut déclencher une maladie psychiatrique dormante comme la schizophrénie.

Nous ne sommes pas le premier pays au monde à légaliser le cannabis. C’est répandu à travers l’univers, même sans être légalisé. J’espère que le Nouveau-Brunswick a pris une décision sage de rendre la consommation légale pour les 19 ans et plus. On verra avec le temps.

Les millions de dollars provenant de la vente du cannabis sous forme de taxes aideront-ils vraiment l’économie, surtout les soins de santé, les services sociaux, les domaines connexes et même les routes? Ceci reste à voir dans les années à venir.

Marcel Arseneau
Atholville