Mais où donc loge l’intolérance?

La petite municipalité de Chipman a dû retirer le fameux drapeau «hétéro» que le conseil municipal avait décidé à l’unanimité de hisser, après avoir dûment fait flotter le drapeau arc-en-ciel de la communauté LGBTQ+.

Dans son article du 23 octobre dernier, Simon Delattre affirme que «l’affaire a scandalisé M.

Charles MacDougall de Moncton, coordonnateur de la Rivière de la Fierté du Grand Moncton. Ce dernier estime que derrière les appels à revendiquer son hétérosexualité, se cache bien souvent un fort relent d’homophobie.» Non, mais quelle manifestation de mauvaise foi évidente! De plus, ce drapeau serait vu comme un drapeau «anti-minorités»! Et plus loin, dans son article du 27 octobre, Patrick Lacelle écrit que Nathalie Chiasson, présidente de la Commission des Droits de la Personne du Nouveau-Brunswick affirme «que le village (Chipman) aurait dû demander conseil à son organisme» avant d’agir; organisme qu’elle dirige bien sûr!

De tels propos dépassent l’entendement. Donc, les petits conseils municipaux de province ne devraient jamais faire l’erreur de prendre des initiatives de leur propre chef, sans consulter les «élites» de la capitale. Je n’en reviens toujours pas. Mais je pose donc la question: de quel côté se trouve l’intolérance, je vous le demande!

La petite municipalité a dû retirer son drapeau «suite à la réaction du public et ils (les conseillers) dénoncent au passage les attaques personnelles, les menaces et le cyberharcèlement» (Simon Delattre, 23 octobre). Eh bien, je me joins à eux aujourd’hui et dénonce ouvertement moi aussi ces «menaces et le cyberharcèlement» dont ils ont été victimes.

Mais votre journal en rajoute une couche et jette de l’huile sur le feu en faisant déborder le vase de l’intolérance par la publication d’un dessin (du caricaturiste Micheal de Adder, 27 octobre) dans lequel on voit les drapeaux acadiens, du Nouveau-Brunswick, et de la fierté gaie associés au mot «fierté» et le drapeau «hétéro» associé au mot «haine»! Non, mais quelle équation de mauvais goût! Vraiment là, c’en est trop. J’ai toujours respecté et apprécié votre journal; ses articles, ses excellents commentaires, etc. N’étant pas moi-même d’origine acadienne, votre journal me permet de mieux comprendre l’histoire, la culture et – je dirais même – l’âme acadiennes. Mais cette triste caricature porte en elle-même le germe de l’intolérance et de l’ignorance. Honte à l’Acadie Nouvelle d’avoir osé publier cette terrible image qui associe sans plus de procès l’hétérosexualité à la haine.

Vous savez quoi? Je e suis fier d’être hétérosexuel, fier d’avoir mis quatre enfants au monde et d’en avoir élever six. Je n’ai absolument rien contre les homosexuels et la communauté LGBTQ+ et je ne suis surtout pas homophobe. Plus encore, je compte parmi mes ami(e)s des homosexuels et lesbiennes et eux et elles aussi sont carrément scandalisé(e)s par ce pitoyable barbouillage. Et je n’entretiens de haine envers personne. Je ne suis pas non plus un suprémaciste blanc. Est-ce assez clair?

Bravo encore aux membres du conseil municipal de Chipman d’avoir osé ce geste purement démocratique et – je dirais même – inclusif. Mais je suis tellement déçu que vous ayez été contraint d’abdiquer suite aux menaces de certains bien-pensants de la communauté LGBTQ+ et certaines élites qui se permettent de juger les autres. Mais surtout, honte à l’Acadie Nouvelle d’avoir osé publier cette caricature qui sème la discorde.

Dr Paul Doyon, psychologue
Ristigouche Sud-Est, Qc