Oui à une Assemblée nationale de l’Acadie

Le Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone (CERMF) salue le lancement, en cette date du 22 novembre 2018, du projet d’une «Assemblée nationale de l’Acadie». Une structure devant réunir des représentants des différentes régions acadiennes des provinces canadiennes de l’Atlantique, afin de réfléchir aux moyens à même d’assurer l‘avenir des communautés et territoires acadiens du pays. Cette assemblée aura pour objectif de proposer d’ici l’automne 2020 un projet d’autonomie régionale pour l’Acadie, dont les contours seront donc à définir.

Le CERMF rappelle d’ailleurs l’importance de cette initiative, à laquelle sont notamment appelées à participer différentes personnalités acadiennes de la société civile et de la classe politique, dans un contexte fort difficile pour la francophonie canadienne hors Québec (contrairement aux déclarations, évidemment politiques, émises au niveau fédéral ou par certains milieux fédéralistes). Un contexte que l’on retrouve également en Acadie du Nouveau-Brunswick, seule partie du reste du Canada à compter encore de nombreux territoires très majoritairement francophones et ayant donc le potentiel de le demeurer sur le long terme.

En effet, et comme le décrivent, d’une part, le long et détaillé article publié en septembre 2017 par le président du CERMF dans le principal journal acadien du Canada (1), et, d’autre part, la conférence bien documentée et parfaitement objective tenue par celui-ci sur la francophonie canadienne en décembre de la même année (dont le résumé est désormais disponible en ligne (2)), c’est bien en Acadie du Nouveau-Brunswick que le combat pour la langue française doit désormais être mené. Et non plus au Québec, province qui connaît un processus de refrancisation progressive depuis les années 1850, contrairement au discours régulièrement tenu par certains, là aussi pour des raisons politiques (et qui ne devrait nullement franchir les frontières du pays, tant ses effets sont contre-productifs dans le reste du monde francophone). Le CERMF remercie au passage les responsables du projet de l’Assemblée nationale de l’Acadie d’avoir cité et référencé l’article concernant l’Acadie du Nouveau-Brunswick sur leur site internet, et en particulier M. Daniel LeBlanc, instigateur du projet.

Ces différents travaux de recherche, assez poussés et qui sont parfois les premiers du genre, traduisent le fort attachement du CERMF à l’Acadie et à son peuple, qui ont pleinement vocation à avoir une visibilité sur la scène internationale. Le CERMF souhaite donc un plein succès à la future Assemblée, dont l’une des premières missions sera de sensibiliser la population acadienne aux enjeux actuels et à la gravité de la situation présente, et ce, dans un paysage médiatique, y compris local, qui semble en être encore insuffisamment conscient. Une assemblée, financièrement dotée d’un fonds en cours de constitution, qui devra ensuite se pencher sur les voies les plus à même à assurer son avenir à l’Acadie. Un avenir qui, selon le CERMF, ne peut désormais être garanti que par un degré élevé d’auto-administration, et ce, dans un territoire aux délimitations clairement définies.

Le monde francophone a besoin d’une Acadie rayonnante, forte et prospère. Une Acadie qui fait honneur aux ancêtres du peuple acadien, à leur courage et aux lourds sacrifices qu’ils ont consenti.

Ilyes Zouari
Président du CERMF

(1)  «Le peuple acadien devra faire preuve de courage s’il veut survivre» (ou «Province acadienne ou hausse de la natalité, uniques solutions» – version comportant quelques précisions supplémentaires), Acadie Nouvelle, Ilyes Zouari, septembre 2017.

(2)  La francophonie canadienne : réalités et perspectives  (ou : La francophonie canadienne, entre mythes et réalités).