Jeunes Chanteurs d’Acadie: un demi-siècle bien marqué

S’il est une chose, historiquement, dont brille l’Acadie aux quatre coins de l’Atlantique, c’est bien la musique dont le chant choral occupe une place de choix. Le concert de Noël à guichet fermé, présenté par les chœurs Amis de la chanson, Les Jeunes Chanteurs d’Acadie et le Chœur Beauséjour dans les beaux décors de l’église Saint John’s United de Moncton le 1er décembre dernier en est la preuve évidente.

Que de belles voix, quelle musique envoûtante, accompagnées aux grandes orgues et au piano par la talentueuse Brigitte Lavoie, aux percussions par Roger Castonguay et au violoncelle par Lydia Mainville: tous les ingrédients pour que s’opère la magie de Noël d’autant plus que, pour certaines pièces, les chœurs étaient soutenus par l’ensemble East Coast Brass composé de deux trompettes, d’un cor français, d’un trombone et d’un tuba.

L’idée de la tenue d’un tel événement conjoint est de Nadine Hébert, la directrice des Jeunes Chanteurs d’Acadie, ensemble vocal qui est à la veille de fêter ses cinquante ans. De réunir ensemble dans un même lieu et sur une même scène toutes ces excellentes voix, c’est aussi rendre hommage à sœur Lorette Gallant, la fondatrice des trois chœurs, elle qui a consacré l’ensemble de sa vie à en assurer le succès. Grâce à son dévouement, de nombreux jeunes de la région de Moncton ont pu développer de beaux talents et parfaire un développement musical et culturel à même de nombreuses présentations publiques, des participations à des compétitions nationales et internationales et des voyages mémorables au Canada et à l’étranger. On disait déjà en 1993: «(…) il existe une formation vocale qui se signale de façon toute particulière par sa grande qualité artistique et qui fait actuellement honneur à notre patrimoine: la chorale des Jeunes Chanteurs d’Acadie.»

En 2005, sœur Gallant décide de passer le flambeau à une petite-nièce talentueuse, soit Nadine Hébert, qui avait été l’une de ses choristes et qui, de plus, était détentrice d’un baccalauréat en musique, mention chant, de l’Université de Moncton. Le chœur allait être entre bonnes mains. La tradition du chant choral pour jeunes allait perdurer.

Le chœur Beauséjour est sous la direction de Monique Richard. Femme talentueuse et compétente, elle en assure la direction depuis trente ans. Elle, aussi, a subi une même influence positive grâce à son côtoiement de sœur Gallant. Tout comme Nadine Hébert, elle a été une de ses choristes. Elle est détentrice d’une maîtrise en direction chorale de l’Université de l’Illinois. Cela ne l’empêche pas de diriger deux autres chorales, soit les chœurs Louisbourg et celle du département de musique de l’Université de Moncton. L’évolution musicale en Acadie a, de toute évidence, fait des bonds à la fois incroyables et intéressants.

Ces trois chœurs viennent mettre du piquant dans les fêtes de Noël. Nous n’avons qu’à nous remémorer ces voix d’enfants dans leur interprétation de la très belle pièce Bonjour Noël de M. Fontenay.

Que dire de l’excellente sélection de chants tels Nuit de lumière, The Little Babe, Mon Beau Sapin des Jeunes Chanteurs dont un pot-pourri pour souligner le 50e anniversaire du chœur et dont les arrangements fort agréables ont été assurés par François Émond?

Des chants français, des chants anglais et des chants religieux en latin étaient au menu du répertoire du Chœur Beauséjour avec ses «Noël Nouvelet», ses Adeste Fideles, ses Minuit chrétiens, ses Jubilate Deo et ses Entre le bœuf et l’âne gris. Une belle sélection et de belles interprétations.

Pour conclure en beauté tout ce monde, plus d’une centaine de voix, tantôt sous la direction de Monique Richard tantôt sous la direction de Nadine Hébert, prenait place sur la scène pour des interprétations fort agréables des A Jubilant Song, Benedictus, Do You Hear What I Hear? et Christmas Joy.

À la veille de cet anniversaire de fondation des Jeunes Chanteurs d’Acadie, il reste à souhaiter longue vie à tout ce talent musical et à espérer que l’on continuera, pendant encore longtemps, à nous servir de ces régals musicaux.

Hector J. Cormier
Moncton