On ne mord jamais la main qui nous nourrit

Et voilà, grâce aux électeurs de Shippagan-Lamèque-Miscou, nous les Acadiens nous nous trouvons écarté du pouvoir pour Dieu sait combien de temps, risquant de perdre, sinon de diluer, tous les acquis durement obtenus par nos aïeux.

Prétendant envoyer un message aux libéraux en raison des baleines noires, ils ont envoyé à Fredericton un comédien progressiste-conservateur, comme si on pouvait être les deux. Ce siège a permis à un dinosaure de remplacer un bien plus jeune. Comment voulez-vous que nos jeunes les plus brillants restent au pays dans de pareils cas. Je ne sais si son Excellence Robert Gauvin peut à lui seul arrêter le tsunami régressiste de «l’Alliance des gens conservateurs» contre le bilinguisme, le contrat social, le partage des ressources, la sauvegarde de l’environnement.

Vous avez chassé un jeune qui se projetait au moins 30 ans dans le futur par un monsieur qui croit que le gouvernement est un problème et que seuls le pétrole et les avantages fournis à une raffinerie résoudront notre dette et nos défis sociétaires.

Il y a presque 40 ans, un certain Ronald Reagan faisait le même constat. Baisser les impôts pour les plus riches, couper dans les dépenses sociales et les infrastructures, augmenter celles de la défense. Qui se souvient aujourd’hui que de telles actions ont fait quadrupler la dette d’Oncle Sam et qu’aucune miette n’est retombée sur la plèbe?

Il a fallu un jeune Bill Clinton pour non seulement avoir un surplus budgétaire, mais aussi une économie florissante avec environ 30 millions d’emplois créés.

On crée des emplois si on investit dans les infrastructures, si on baisse les impôts des plus modestes et de la classe moyenne, et si on augmente ceux des plus nantis.

Les libéraux ont obtenu beaucoup plus de votes que les conservateurs, mais en raison du résultat dans Shippagan-Lamèque-Miscou, ils ont été écarté du pouvoir.

Ainsi, nous voilà, nous Acadiens, minoritaires, sans pouvoir, ni même une écoute, sinon favorable, au moins neutre et juste.

Je n’ai même pas envie de célébrer l’année 2019.

À bon entendeur, salut!

M. K. Yaalaoui
Bathurst