Dépolitisons le système de santé

Depuis plusieurs années, Égalité Santé en Français (Égalité Santé) réclame du gouvernement des changements à la Loi sur les régies régionales de la santé, en particulier au niveau de la gouvernance du réseau de santé. Nos demandes ont été présentées à quelques reprises au gouvernement libéral de Brian Gallant, mais sans succès.

Le 13 septembre, nous avons rencontré dans le cadre de la campagne électorale, le chef du Parti conservateur, Blaine Higgs, comme nous l’avons fait avec les chefs du NPD et du Parti vert. M. Gallant a refusé de nous rencontrer, mais nous avions rencontré le ministre de la Santé, Benoît Bourque pour discuter des enjeux en santé. Lors de ces rencontres, nous avons abordé les demandes d’Égalité Santé au niveau de la gouvernance.

M. Higgs, tout comme les chefs du NPD et du Parti vert, comprenait fort bien nos demandes. Nous avons aussi compris lors de notre rencontre avec M. Higgs que le facteur financier était fort important.

Mais quelles sont les demandes d’Égalité Santé au niveau de la gouvernance et quels en sont les coûts?

Le premier changement que nous demandons est que tout résident de notre province ait le choix de voter pour le représentant au Conseil d’administration de la régie de santé de son choix et ceci peu importe son lieu de résidence. Le coût de ce changement pour la province est de 0$.

Le deuxième changement est que tous les membres du Conseil d’administration de la régie soient élus au suffrage universel. Le coût de ce changement pour la province est de 0$.

Le troisième changement est que le choix de la présidence du Conseil d’administration de la régie soit un membre élu par la population et que le choix soit fait par les membres de ce conseil d’administration de la régie de santé. Le coût de ce changement pour la province est de 0$.

Le quatrième changement est que la direction générale du réseau soit embauchée par le Conseil d’administration de la régie de santé et redevable au Conseil d’administration. Actuellement, la direction générale de la régie est nommée et en poste au gré du ministre de la Santé. Le coût de ce changement pour la province est de 0$.

Nous demandons également que le ministre de la Santé soit responsable des grandes orientations au niveau de la santé et que la façon d’atteindre les objectifs du ministère de la Santé soit de la juridiction de la régie de santé. Le coût de ce changement pour la province est de 0$.

Dans les faits, quels auraient été les effets de ces changements s’ils avaient été en place au cours de la dernière année? Le premier effet aurait été que la décision pour l’oncologie à Grand-Sault et Saint-Quentin aurait été discutée au Conseil d’administration du réseau. La direction générale aurait pu la présenter au Conseil, mais celui-ci aurait pris la décision de la mettre ou non en place.

Pour ce qui est de la privatisation de la gestion du Programme extra-mural, le ministre de la Santé aurait pu proposer une augmentation des services ou une meilleure coordination des services hospitaliers, mais la décision sur la façon d’arriver à ces objectifs aurait été prise par le réseau de santé et non imposée par le ministre.

Lors de notre rencontre avec M. Higgs, il a affirmé qu’il croyait dans la gouvernance locale tout comme l’a fait le ministre de l’Éducation récemment à la télévision de Radio-Canada Acadie dans le dossier de la politique 711, «Nutrition et amélioration de l’alimentation en milieu scolaire». Le ministère établit les normes minimales et les décisions qui doivent en découler seront prises par le district et les écoles.

Pour une gestion plus efficace de notre réseau de santé, il faut le dépolitiser et remettre les décisions au niveau du réseau et de la communauté francophone et acadienne. La centralisation est inefficace et n’a pas sa place. Dépolitiser la gouvernance et la remettre au niveau des institutions n’ont pas de répercussions financières.

Dr Hubert Dupuis, président
Égalité Santé en Français