Pour une gouvernance équitable en santé

Dr Hubert Dupuis, en réaction à votre article du 7 janvier dernier, Dépolitisons le système de santé, j’ai quelques préoccupations sur votre vision de la gouvernance pour notre système de santé et je me permets quelques suggestions.

Le deuxième changement que vous proposez en ce qui a trait à l’élection au suffrage universel de tous les membres du conseil d’administration de la Régie de la santé pourrait présenter une difficulté majeure en favorisant les sous-régions avec une plus grande population. Tous les membres élus pourraient potentiellement provenir de la même sous-région, ce serait très inéquitable.

Je suggère plutôt ce que préconise Charles Boelen de l’Organisation mondiale de la Santé qui stipule, entre autres, qu’un des défis majeurs pour assurer un système de santé viable, basé sur les besoins de la population, est d’assurer une gouvernance équitable: il suggère un pentagone de partenariat composé de membres et partenaires provenant de cinq différents horizons: professionnels de la santé, décideurs/responsables de développements de politiques publiques, représentants communautaires, représentants d’institutions académiques et gestionnaires en santé.

Tous ces membres et partenaires potentiels ont des particularités, des références, des forces, des attentes et un agenda.

Cette hétérogénéité peut être mitigée si les membres partagent les mêmes valeurs (les valeurs du réseau ou de la régie) et la même vision.

Je suggère que la nomination de ces membres fasse l’objet d’un concours public et la sélection par un comité indépendant du gouvernement.

Ce comité assurerait une représentation minimum de deux membres par sous-régions et une plus grande représentativité pour la sous-région avec la plus grande population.

En ce qui a trait au troisième changement que vous proposez, soit la nomination pour la présidence du conseil d’administration: il y a des avantages et des désavantages à une nomination par les membres, de même qu’il y a des avantages et désavantages à une nomination par le ministre de la Santé. Vous conviendrez que c’est sa prérogative, en conformité avec les dispositions de la loi sur les régies régionales de la santé.

Selon mes informations, dans la majorité des provinces, le ministre de la Santé nomme les présidents des conseils d’administration des réseaux de santé et des régies régionales de la santé.

Il y a également des avantages et des désavantages d’avoir un PDG nommé par le conseil d’administration au lieu du ministre.

Depuis la création du Réseau de santé Vitalité, en 2008, les PDG ont été nommés par les différents ministres de la Santé et ils avaient tous les compétences nécessaires pour remplir les exigences reliées à ce poste.

La nomination du PDG actuel a fait l’objet d’un concours public et le président du conseil d’administration faisait partie du comité de sélection.

Je crois que c’est le modèle à continuer à l’avenir.

Je suggère que ce comité de sélection soit composé d’un représentant du conseil d’administration, d’un représentant du ministère de la Santé et d’un représentant du Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick. Soyez sans crainte, M. Dupuis, les PDG des deux réseaux de santé sont et seront toujours redevables à leur conseil d’administration respectif indépendamment de la modalité de leur nomination.

Ce qui a de plus important dans la gestion d’une régie régionale de santé est l’engagement envers l‘amélioration continue et la participation du personnel dans la prise de décision.

Il est clairement démontré qu’il existe un lien étroit entre l’engagement du personnel et les résultats en matière de qualité.

Jean-Claude Pelletier (St-Léonard)
Ancien gestionnaire RRS-4/Réseau de santé Vitalité et ancien membre du CSNB