Plus ça change…

Y’a quelqu’un qui a déjà dit: «Tu fais campagne en poésie, mais tu gouvernes en prose.»

Blaine Higgs nous avait dit ce qu’il ferait en poésie et maintenant qu’il gouverne en prose, ne soyons pas indignés par ce qu’il fait. Il a dit clairement qu’il ne valoriserait pas les droits linguistiques. Il savait qu’une bonne partie de l’électorat anglophone serait d’accord avec ça. Il savait que les droits linguistiques étaient négociables. C’est-à-dire nos droits, pas les leurs. Ça sonne étrange n’est-ce pas? Comme si on pouvait négocier la langue, la couleur de la peau ou bien les croyances religieuses sur la place publique. Des coutumes haineuses d’un autre temps. C’est d’autant plus vrai avec l’élection de trois membres alliancistes à l’Assemblée législative.

C’est bien vrai que la Charte canadienne des droits et libertés protège l’égalité des deux groupes linguistiques. Au Nouveau-Brunswick, en plus, on fête le 50e anniversaire du bilinguisme officiel. Mais cela n’empêche pas certains anglophones mécontents de régurgiter ce qu’ils ressentent au plus creux de leurs entrailles. Ils savent très bien que ça n’améliorera pas le bien-être de tout et chacun et aussi celui de la province. Mais ils ne peuvent s’en empêcher. Semblerait que ça fait partie de leur ADN. Ils doivent se sentir supérieurs. C’est triste, mais c’est de même que ça se passe chez nous.

Aussi triste, c’est le nombre de votes recueillis par les alliancistes à Miramichi. Un fut élu et deux autres ont failli l’être. C’était un choc et pas à peu près. On pensait que ça allait plutôt bien avec nos concitoyens anglophones qu’on fréquentait tous les jours. Mais sous ces sourires mesquins, il n’y avait rien d’autre que le signe du dollar et de l’intolérance.

Moi, j’ai cessé d’arrêter à Miramichi pour faire le plein ou prendre un café, il y a déjà plusieurs années. En voyageant vers Moncton, je m’assure de faire le plein avant de quitter. Je m’arrête seulement en cas d’urgence. Prenez-en note, la Chambre de commerce du Grand Miramichi. Il va falloir que vous nous démontrer beaucoup, beaucoup d’amour avant que moi et d’autres Acadiens allions à nouveau dépenser chez vous.

Il semblerait, de ce qu’on nous dit, que les tensions linguistiques se ravivent. Supposément que ces tensions reviennent lorsque le contexte économique est difficile. Vraiment. Je vous assure que ces tensions, il n’y en a pas chez nous. Il ne faut pas oublier que Miramichi, Fredericton, Saint-Jean et d’autres régions anglophones de la province ont voté pour les conservateurs tout en sachant que le «leader» était un ancien coriste. Aux États-Unis, même si des lois contre la ségrégation existent, le racisme ne s’est pas éteint. Il est toujours là, mais il est sous-jacent parce qu’il n’est plus politiquement correct. C’est un peu ce qui se passe au Nouveau-Brunswick. Ils ne peuvent pas sans empêcher. C’est aussi simple que cela. La haine et l’intolérance prospèrent chez certains de nos concitoyens anglophones.

Joseph Cleveland
Tetagouche Nord