Des changements majeurs s’imposent chez Travail sécuritaire NB

La controverse qui entoure la gestion de Travail sécuritaire NB (TSNB) et les augmentations vertigineuses des cotisations des employeurs s’est poursuivie avec le dépôt du rapport de la vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick, le 16 janvier. Ce dossier préoccupe les membres du Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB) depuis des lustres et l’analyse de Kim MacPherson n’a pas apaisé nos inquiétudes.

D’entrée de jeu, celle-ci qualifie la gestion des réclamations des travailleurs blessés de raisonnable et de cohérente avec les pratiques exemplaires, ce qui peut sembler de bon augure. Cependant, elle relève également des lacunes dans les processus qui entravent la gestion active des cas et cela défavorise la reprise du travail en temps opportun pour les gens blessés. Plusieurs recommandations sont émises pour éliminer les retards, promouvoir la reprise du travail, réduire la durée des réclamations, etc.

Encore plus troublant, elle réitère que les pratiques de surveillance du gouvernement et du conseil d’administration ont miné l’indépendance de TSNB et ont eu des répercussions sur l’efficacité du conseil.

En outre, Mme MacPherson a examiné les hausses de dépenses et des frais au titre des réclamations et, selon elle, l’un des principaux facteurs contributeurs est les décisions du Tribunal d’appel des accidents au travail (TAAT). Cette dernière constatation rejoint les conclusions de l’important rapport du Groupe de travail sur Travail sécuritaire NB dont nous avions appuyé sans réserve les nombreuses recommandations émises en juillet 2018.

Le CÉNB et ses membres le savent: le système de Travail sécuritaire NB dans sa formule actuelle est brisé et requiert des changements radicaux pour assurer sa durabilité à court et à long terme. Le rapport de la vérificatrice générale ne fait que le confirmer encore une fois. Une stabilisation des coûts s’avère nécessaire afin de continuer à protéger nos travailleurs blessés sans pour autant forcer les entreprises à éponger des hausses de cotisations déraisonnables, année après année.

Certes, les changements législatifs apportés en décembre ont permis de réduire les augmentations moyennes des cotisations des employeurs à 56% pour 2019 au lieu de 72% comme prévu auparavant. La pilule est peut-être un peu moins amère, mais elle s’avère quand même difficile à avaler pour nos entreprises. Ceci représente d’importants coûts additionnels pour tous les employeurs de la province qui devront modifier leurs budgets pour les accommoder. Cette accumulation de frais d’exploitation fait mal à nos entreprises et freine la croissance de nos communautés et de notre province.

Nous osons espérer que cette augmentation de 56% en 2019 sera la dernière d’une série de hausses abruptes qui se succèdent depuis 2016. Nous exhortons le gouvernement provincial à continuer l’implantation des recommandations du Groupe de travail sur Travail sécuritaire NB auxquelles nous pouvons maintenant ajouter celles de la vérificatrice générale dans ses derniers rapports.

La communauté d’affaires est prête à collaborer avec les instances nécessaires pour développer des solutions concrètes afin de créer un système durable pour protéger nos travailleurs et appuyer les employeurs.

En œuvrant ensemble, nous pourrons y arriver et assurer la croissance économique de notre province.

Marie Chamberland, présidente
Conseil économique du Nouveau-Brunswick