Pour la sécurité des patients

Depuis des années, les décideurs du Nouveau-Brunswick ont reporté la création d’une solution à long terme à la pénurie imminente d’infirmières et infirmiers qui frappe gravement la province maintenant. Cette crise sévit actuellement, et elle a, chaque jour, des répercussions sur la vie des citoyens.

Les infirmières et infirmiers immatriculés (II) du Nouveau-Brunswick travaillent de longues heures, souvent en situation de sous-effectif et malgré tout, chaque jour, ils se dévouent aux soins de leurs patients, de leurs clients et de leurs résidents tout en recevant le salaire le plus bas de leur profession au Canada. Plutôt que de s’attaquer de front au manque de personnel infirmier, notre gouvernement et les employeurs des établissements de soins de santé ont recours à une tendance inquiétante, à savoir remplacer les infirmières et infirmiers par quiconque est disponible sur-le-champ.

Une pénurie de personnel infirmier compétent et les coûts grandissants du système de santé se sont traduits par une augmentation des embauches de travailleurs de la santé non réglementés qui effectuent des tâches destinées aux infirmières et infirmiers immatriculés.

Chaque travailleur de la santé joue un rôle important dans l’équipe; toutefois, que les employeurs et le gouvernement aient recours à d’autres travailleurs de la santé comme des infirmières auxiliaires autorisées, des employés paramédicaux et des préposés aux services de personne pour remplacer les II n’est pas la solution. Le souci du détail et les connaissances que le personnel infirmier immatriculé apporte dans son travail font partie de son approche holistique des soins et sont essentiels au bien-être du patient.

Bien que le gouvernement et les employeurs voient peut-être cette idée comme une option moins coûteuse à la crise qui frappe les soins de santé, cela n’est pas la solution. Au contraire, une telle mesure met en péril la sécurité des patients et est susceptible de nuire aux bons résultats.

Nous sommes de plus en plus préoccupés par le fait qu’en remplaçant des infirmières et infirmiers immatriculés, ces autres travailleurs de la santé seront appelés à exercer plus de responsabilités, tout en n’ayant pas les connaissances, la formation et le soutien pour offrir un éventail de plus en plus large de soins de façon sécuritaire. Des recherches ont également démontré que cette «solution» alourdirait la charge de travail du personnel immatriculé, car une supervision accrue pourrait s’avérer nécessaire. En fin de compte, cela se traduira par une baisse de la satisfaction professionnelle et la diminution du maintien en poste des effectifs.

Nous ne sommes pas contre l’innovation ni contre le partage des responsabilités en matière de soins de santé dans notre province. Nous sommes contre l’idée de mettre en péril la sécurité des patients, des clients et des résidents, et c’est la raison pour laquelle le cri d’alarme qui est lancé depuis des années doit maintenant être entendu. Il faut mettre fin à l’érosion des soins de santé au Nouveau-Brunswick. Rien ne peut remplacer une infirmière immatriculée.

Paula Doucet, présidente
Syndicat des infirmières et infirmiers du N.-B.