Les modèles importés sont-ils bons?

En février 2018, le consultant George Savoury a été embauché par le ministère du Développement social pour réaliser un examen indépendant des services de protection de l’enfance et des services d’appui à la famille.

Dans son rapport intitulé «Examen de l’efficacité du système de protection de l’enfance», il nous apprend que le ministère s’apprête à faire venir un travailleur social de la Nouvelle-Zélande pour offrir un atelier sur la concertation familiale. N’est-il pas étonnant qu’il n’y ait personne au Canada qui puisse traiter de ce sujet?

Déjà, en 1997, la gestion de l’aide sociale au NB est passée en partie aux mains d’une société américaine et en 2012, la province a confié la mise sur pied d’un système de prise de décision structurée à une firme du Wisconsin. Ce dernier système a échoué lamentablement dans le cas des enfants de Saint-Jean, victimes de négligence chronique.

D’autres outils importés, tels que la «prestation des services intégrés» et «l’évaluation du risque» ne sont guère plus impressionnants parce qu’encore une fois, les résultats sont mitigés.

L’importation d’outils d’intervention développés à l’extérieur n’est pas un problème en soi, pourvu qu’ils soient efficaces. Mais les meilleurs programmes informatisés qui consistent à évaluer le risque et à calculer les probabilités de maltraitance ne remplaceront jamais le jugement professionnel, les contacts directs et la bonne vieille méthode du face-à-face.

Face aux piètres résultats que nous avons connus par rapport aux enfants de Saint-Jean qui étaient gravement négligés et qui avaient besoin de protection, il est à se demander qui évalue le rendement global des outils utilisés pour voir s’ils sont réellement efficaces.

Il est dangereux de se laisser berner par les entreprises américaines qui essaient de vendre leur salade aux gouvernements en vantant les avantages de leurs programmes informatiques. Ces modèles ne tiennent nullement compte de nos références culturelles et des conditions relatives à notre environnement social.

Rappelons que nous avons déjà importé plusieurs modèles américains dont l’examen d’immatriculation des diplômées en science infirmière, l’intervention non violente dans les écoles et la formation ASIST sur la prévention du suicide, sans qu’aucun d’eux n’ait fait ses preuves.

N’est-il pas le temps de mettre à contribution nos propres professionnels, plutôt que de mordre à l’hameçon des Américains et de cesser de se tourner vers les sociétés américaines pour gérer les affaires de la province?

Claude Snow
Caraquet