Les Acadiens à l’écart du pouvoir?

M. le premier ministre Blaine Higgs, vous avez pris une décision sur les Jeux de la Francophonie. Cette décision se justifie quand on regarde l’état financier de notre province.

Mais lorsque vous avez pris cette décision, étiez-vous au courant des sommes de la péréquation qu’Ottawa nous enverrait cette année?

Avez-vous essayé de trouver un moyen de sauver ces jeux?

Avez-vous négocié de bonne foi avec le fédéral et les autres?

Avez-vous essayé de présenter les jeux dans un format plus simple et moins coûteux?

Si oui, vous ne l’avez pas relaté aux médias.

Était-ce une décision strictement financière?

Quand on voit l’autre comme un ennemi (les libéraux d’Ottawa), on n’est vraiment pas dans une bonne position de négociation. Cette position est inacceptable quand on représente une province. L’intérêt des citoyens prime ses opinions personnelles.

Ou était-ce pour vous une magnifique occasion de souligner une bourde des libéraux, en plus d’être fidèle à votre véritable adjoint, Kris Austin?

J’ai l’impression que vous avez été fidèle à vos profonds liens avec l’Alliance, qui semble être votre véritable parti politique.

Je vous observe minutieusement. Je trouve plus de dévouement en vous pour le CoR que pour l’héritage conservateur de Richard Hatfield et de Jean Maurice Simard et envers l’épanouissement et le développement des francophones. Vous ne suscitez pas le respect de vos deux prédécesseurs, qui étaient de vrais progressistes-conservateurs.

Je ne me fie pas à ce que vous dites, mais aux gestes que vous posez depuis votre accession au pouvoir.

Vous avez, tout comme M. Austin, menti dans le dossier du bilinguisme des ambulanciers. Est-ce une menterie de prétendre que vous êtes conservateur?

Peut-être que je me trompe, mais il me semble avoir vu en vous plus de satisfaction que de regrets lorsque vous avez annoncé l’abandon de la candidature des Jeux de la francophonie.

Une satisfaction partagée avec M. Austin, avec qui vous partagez avec empressement et complaisance le pouvoir, bien plus qu’avec Robert Gauvin.

Vous avez une occasion de démontrer votre engagement – que vous dites avoir – envers les francophones de notre province.

Le 10 millions $ que vous aviez réservés pour les jeux, il faut les redistribuer dans la communauté francophone.

Il y a aura bientôt des états généraux de l’Acadie, certains projets au niveau de l’éducation… Les occasions d’aider directement notre cause sont nombreuses.

Vous n’avez pas à utiliser votre imagination, il suffit d’être à l’écoute des besoins de ce segment de votre population que vous semblez plus enclin à ignorer qu’à servir.

Demandez-nous, vous aurez un déluge de suggestions…

Dans l’espérance d’avoir un premier ministre pour nous aussi et d’être considérés comme des citoyens à part entière et égalitaire, veuillez accepter, monsieur le premier ministre, l’expression de ma légitime espérance,

Réginald Boudreau
Grande-Anse