Qui devrait rémunérer les aides à domicile?

Le reportage récent de Radio-Canada au sujet d’une personne âgée au Québec, qui reçoit des soins à domicile et contre qui une poursuite est intentée par son aidante, vient toucher une corde sensible puisque la même situation risque de se produire ici.

Déjà en 2004, nous exhortions le gouvernement à payer directement les aidantes pour éviter d’imposer un fardeau administratif excessif aux personnes aidées. Les fonctionnaires nous avaient alors répondu qu’il était impossible de procéder ainsi en raison des limites du système informatique.

Le système Familles NB, en effet, considère que le client est la personne aidée, et non l’aidante qui est à son service.

Cela fait en sorte que la responsabilité administrative de la rémunération repose dès lors sur les épaules des aînés, ce qui est déraisonnable puisque la majorité n’en a pas la capacité.

Il y a anguille sous roche puisque le stratagème permet à l’État de se décharger subtilement d’une responsabilité qui est la sienne et de la placer sur le dos de personnes fragiles.

Non seulement cette procédure bureaucratique est trop lourde à porter pour ceux qui sont en perte d’autonomie, elle les rend vulnérables puisqu’ils s’exposent à des recours judiciaires pour défaut de paiement.

Le pire, c’est que les aînés qui se retrouvent dans cette situation ne savent même pas qu’ils ont des obligations en tant qu’employeurs, avec tout ce que cela comporte.

Jusqu’à maintenant, l’État a fait la sourde oreille à notre demande de modifier le mode de rémunération, mais doit-il attendre une série de poursuites avant d’agir?

Claude Snow (Caraquet)
Comité des 12