Blaine Higgs, l’ennemi des pauvres?

Quand tu es rendu à leur enlever la nourriture sur la table, tu n’es sûrement pas l’ami du pauvre monde.

Or, c’est exactement ce que Blaine Higgs fait avec son dernier budget. Il se pète les bretelles en clamant qu’il a réussi à équilibrer le budget et même à faire un surplus de 23 millions $. Il faut voir cependant que la plus grosse part de ce 23 millions $ vient d’une réduction des fonds alloués aux programmes pour aider le pauvre monde. En effet, Higgs coupe 6 millions $ à l’aide sociale et 9 millions $ aux logements sociaux, soit environ 15 millions $ sur le dos des plus pauvres du pauvre monde.

En tenant compte de l’augmentation du coût de la vie, cela équivaut à une perte du pouvoir d’achat pour le pauvre monde d’environ 4%. Cela les ramène deux ans en arrière, à peu près à l’équivalent du pouvoir d’achat qu’ils avaient en 2017.

On n’a pas besoin des grands mots de sociologues pour expliquer pourquoi les gens sont devenus cyniques par rapport aux politiciens. Dans ce cas-ci, on n’a qu’à voir la culture à laquelle ce gouvernement appartient. Avec un tel budget, Higgs se conduit exactement comme un propriétaire de plantation des années 1800 dans le sud des États-Unis qui s’enrichissait sur le dos des esclaves. Doit-il cela à ses 33 années passées chez Irving Oil, à son passage à la tête du CoR party, ou bien cela reflète-t-il ses propres valeurs morales, ou plutôt son manque de valeurs morales?

De toutes les façons, un tel geste est totalement outrageux, inacceptable, ne fait preuve d’absolument aucune compassion, à la limite de l’inhumain, sans cœur, indigne, sans foi ni loi. C’est comme piler sur la tête de quelqu’un qui est déjà à terre. De la lâcheté. Un échec politique lamentable. Absolument pas digne d’un premier ministre. Erreur, on s’est trompé. Vivement un vote de censure à l’Assemblée et une autre élection. «Réveille, réveille», chantait Zacharie.

On est très loin de l’Initiative sur la réduction de la pauvreté qui a été entreprise dans la province il y a dix ans, presque jour pour jour. On se souviendra du plan de réduction de la pauvreté intitulé «Un chœur de voix», publié en juin 2009 et auquel 2500 personnes de tous les horizons avaient participé. L’objectif de cette consultation citoyenne était de définir la pauvreté, d’en identifier les principales causes et de recommander des moyens d’atténuer ses conséquences néfastes pour le pauvre monde.

Dans ce dialogue sur la pauvreté, parmi les causes de la pauvreté on avait dit que le «système d’aide sociale engendre la pauvreté», à la page 11 du rapport de 2009. Avec le budget que propose Higgs, c’est la pauvreté assurée pour des décennies à venir. Ça ne prend pas la tête à Papineau pour comprendre ça.

À la question: que pourrait-on faire pour réduire la pauvreté au Nouveau-Brunswick, on avait déjà les réponses en 2009. On trouve ces réponses dans le rapport «Un chœur de voix» sur le site internet du ministère du Développement social du gouvernement du Nouveau-Brunswick, aux pages 37 jusqu’à la moitié de la page 55. Il y a aussi une version anglaise pour M. Higgs.

Claude Gaudet
Saint-Bruno-de-Montarville, QC