L’importance d’une formation axée sur la transformation

Selon vous, quelle question poseront les acheteurs internationaux de fruits de mer et de crustacés aux responsables des usines de transformation de la Péninsule?

Est-ce que vos travailleurs s’entendent bien? Ou plutôt, quelle formation ont-ils reçue dans la transformation alimentaire?

Si le gérant d’une usine a déjà eu à répondre à la première question, qu’il nous le fasse savoir immédiatement!

La survie de nos usines, bien sûr, dépend de la réponse à la deuxième question, celle sur la formation.

Les marchés sont sous un système de contrôle élaboré par les instances internationales qu’on appelle GFSI (General Food safety initiative).

e système de qualité est la norme pour la production alimentaire mondiale. Au Canada, elle est chapeautée par l’Agence d’inspection des aliments, qui assure que tout aliment produit ici et destiné aux marchés étrangers est conforme aux normes reconnues internationalement.
Notre député fédéral a débloqué 250 millions de dollars pour la formation des travailleurs saisonniers. Est-il vrai qu’une importante partie de cette somme est utilisée pour offrir de la formation dans les compétences essentielles au détriment d’une formation axée sur le secteur de la transformation?

Le CHRC élabore, pour l’industrie alimentaire canadienne, des cours correspondant aux normes et aux exigences des marchés internationaux. Ces cours sont disponibles pour toute institution d’enseignement désirant offrir cette formation à l’industrie locale de la transformation alimentaire.

Les usines de la région avaient approuvé, entre 2011 et 2015, un programme de formation avec les cours du CHRC. Il y avait un programme distinct pour les superviseurs, les contrôleurs de la qualité, les gens de la maintenance et les employés des lignes de production. L’industrie y trouvait son compte en ayant une main-d’œuvre plus qualifiée et, au final, des produits de plus grande qualité, compatibles aux exigences des marchés.

En 2015, 235 travailleurs de l’industrie alimentaire ont participé à cette formation dans la Péninsule, sans y être obligés. Ils ont amélioré leurs compétences dans des domaines qu’ils aiment. Leurs efforts témoignent de leurs intérêts et de leurs soucis à protéger et à préserver leurs emplois. Les usines faisaient des efforts pour prolonger les saisons de production avec des produits à valeur ajoutée. De nouveaux emplois saisonniers étaient disponibles. Il n’y a pas eu de manifestation pendant six années consécutives. Ces travailleurs sont très vaillants, ils recherchent une sécurité financière jusqu’à la prochaine saison de pêche.

Pourquoi ce changement vers une formule vieille de plus de 20 ans, qui n’a pas fait avancer l’industrie? Depuis plus de 20 ans, on offre de la formation dans les compétences essentielles, auparavant appelées life skills (compétences de vie). Les manifestations sont recommencées.

L’industrie et les travailleurs ne tireront pas tous les bénéfices de cet argent dépensé.Cette industrie sera elle encore à nous dans 10 ans?

Réginald Boudreau
Grande-Anse