Ce que la science nous dit sur le glyphosate

Le glyphosate, un sujet controversé depuis un certain temps, mais qu’est-ce que les études réputées nous disent? Au Canada, les règlements gouvernant l’utilisation d’herbicides, à base de glyphosate, prennent en considération la formule globale de ces produits. C’est une différence importante à comprendre puisque le glyphosate est l’herbicide le plus utilisé au monde. C’est bien de remettre en question la rigueur des règlements appliqués envers les herbicides. Cependant, ces remises en question doivent être bien fondées.

Approuvé en 1974 par l’Agence de Protection Environnemental (EPA) des États-Unis, l’utilisation du glyphosate est maintenant légale partout au monde dans les secteurs industriels, agricoles, forestiers et dans les ménages.

L’utilisation du produit est également approuvée internationalement dans les cultures vivrières à des niveaux réglementés.

De plus, la sécurité du glyphosate est soutenue par des centaines d’études scientifiques provenant de laboratoires avec de petits rongeurs jusqu’à des études de terrain complexes avec des humains, qui ont utilisé des herbicides à base de glyphosate (GBH) dans leurs pratiques industrielles, commerciales et agricoles et qui ont suivi les règlements du manufacturier.

Le GBH contient du glyphosate comme ingrédient actif ainsi que des adjuvants afin de rendre le glyphosate encore plus performant et efficace.

Ces études de terrains, ont exposé les humains à la formulation complète du produit, c’est-à-dire les adjuvants et l’ingrédient actif, le glyphosate.

Depuis 2015, l’Agence Internationale de recherche sur le cancer (IARC)a désigné le glyphosate comme un «cancérigène potentiel», mais la sécurité du glyphosate a été revalidée par les principales autorités de régulation du monde, dont l’EPA (2017), l’Organisation mondiale de la santé (2013), l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (2015), l’Agence Européenne des Produits Chimiques (2015), l’Agence canadienne de réglementation de la lutte antiparasitaire et l’étude américaine sur la Santé des Agriculteurs (2018), pour citer quelques sources.

Donc, la conclusion de l’IARC semble contredire le consensus international, qui affirme que le glyphosate est sécuritaire sous les conditions d’utilisation approuvées.

Certaines études montrent qu’il y a des effets indésirables qui peuvent être possibles. Cependant, le consensus repose sur la totalité des preuves scientifiques, c’est-à-dire, l’ensemble des preuves scientifiques et non, sur une petite segmentation d’étude.

La conclusion est claire; le glyphosate ne pose pas de risque de cancer lorsqu’il est utilisé conformément aux étiquettes du produit.

Santé Canada a communiqué au public d’avoir eu accès à toutes les données et informations pertinentes des gouvernements fédéral et provinciaux, des organismes de réglementation internationaux, des rapports scientifiques publiés et des fabricants de pesticides multiples, et qu’il avait également eu accès à de nombreuses études individuelles et des données scientifiques brutes au cours de son évaluation du glyphosate, y compris des études supplémentaires sur le cancer et la génotoxicité et que, sur la base de toutes les preuves scientifiques, et Santé Canada a tout de même conclu que le glyphosate ne représente pas un risque de cancer à la fréquence que les personnes y sont exposées.

À nouveau, la sécurité du glyphosate est validée avec les conclusions provenant de l’étude sur la santé agricole 2018 des États-Unis.
C’est l’une des plus grandes études de cohorte sur l’utilisation du glyphosate, et le risque de cancer n’a jamais été signalé. Andreotti et ses collègues n’ont signalé aucune association entre l’utilisation du glyphosate et le risque global de cancer, y compris le lymphoma non hodgkinien et le myélome multiple.

Cette étude reposait sur une population de plus de 54 000 applicateurs d’herbicides, dont 45 000 (82%) ont rapporté avoir utilisé du glyphosate.

Un risque potentiel de leucémie myéloïde avait été observé, mais Andreotti et ses collègues ont noté que cette observation n’a pas atteint une statistique assez importante pour être prise en considération. Ils ont également averti qu’une observation similaire n’avait pas été observée antérieurement dans d’autres études pertinentes.

En somme, la science nous dit que le glyphosate ne pose pas de risque lorsqu’il est administré correctement.

Il sera intéressant de revisiter cette observation au fur et à mesure que de nouvelles données sont recueillies et qu’elles nous informent davantage sur le processus de réglementation des herbicides.

Mike Légère
Directeur général, Forêt NB
Fredericton