Un hiver difficile pour le cerf de Virginie

L’hiver 2019 a été rigoureux pour les cerfs. L’enfoncement dans la neige le 4 février variait entre 65 et 72 cm dans un ravage du Nord-Ouest. Début mars, l’enfoncement variait de 80 à 102 cm. Les données scientifiques dans le Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie nous indiquent que si l’enfoncement dépasse 50 cm pour une longue période, 40% et plus des cerfs vont mourir de famine et ceux trop faibles pour fuir seront vulnérables à la prédation.

La disparition des cerfs dans le nord-ouest du N.-B a été freinée grâce aux bénévoles qui ont fourni des suppléments alimentaires aux bêtes, lorsque la nourriture naturelle était insuffisante, en combinaison avec le contrôle des prédateurs par les trappeurs.

Spécifiquement, les régions nordiques où le taux de mortalité hivernale est élevé et peut dépasser le taux de natalité, un supplément alimentaire est bénéfique lorsque bien encadré. Depuis les années 1990, le nord-ouest du N.-B. a perdu près de 50% du cheptel, les zones 4, 5 et 9 sont toujours fermées à la chasse après 25 ans.

Les risques évoqués par certains pour ne pas nourrir les cerfs sont faibles en comparaison à la perte de 40% et plus du cheptel en raison de la famine (situation unique à nos régions nordiques). La dépendance du cerf à une aide humaine est uniquement hivernale sur une courte période, leur évitant ainsi une mortalité précoce.

Dans son environnement actuel, cette espèce emblématique ne peut vivre sans notre appui. Des mentalités devront changer en respect de nos différences et nos conditions nordiques. La collaboration de toutes les instances est essentielle pour permettre une cohabitation harmonieuse. La pire des stratégies serait de ne rien faire et de laisser mourir les cerfs de faim! Soyez de ceux qui contribuent à la survie du cerf dans le nord du N.-B.

Ronald Bonenfant
Saint-Basile