Cacher à tout prix

Le plus grand mal de notre époque, qui se targue d’être moderne, ouverte et très tolérante, c’est de se faire passer pour quelqu’un qu’on n’est pas ou de faire semblant de faire la promotion d’une valeur à laquelle on n’adhère pas.

Il a fallu qu’un député, en l’occurrence Kevin Arseneau, ose remettre en question la pertinence de la prière à l’Assemblée législative de notre province, pour qu’il soit traité de renégat par des soi-disant chrétiens qui ne se rappellent même plus la dernière fois où ils ont mis pied dans leur chère église pour prier.

Le comble est que «les chefs des autres partis politiques… ne semblent pas ouverts à l’idée» de Kevin Arseneau (Pascal Raiche-Nogue, AN du 8 avril 2019).

Ces réactions irascibles permettent tout de même de tâter le pouls de notre niveau de tolérance au changement et surtout à l’acceptabilité d’un débat sur la laïcité.

Je crains qu’un tel débat ne finisse par révéler un côté sombre de tout un chacun de nous, lequel côté on s’emploie à cacher à tout prix, au nom d’une certaine rectitude politique.

J’ose espérer qu’on ne fera pas de la prière, aussi catholique soit-elle, une condition sine qua non de l’appartenance à l’Acadie.

Jean Codjo
Moncton