Nous sommes Notre-Dame de Paris

Cette Grande Dame, ce phare dans la nuit de notre vie terrestre, ce chef d’œuvre de l’humanité, ce rayon de beauté dans la noirceur du monde, cette flèche pointée vers le ciel ravagé en plein cœur de Paris, de la Francophonie de la planète tout entière. 856 ans d’histoire et de culture défigurées ou perdues à jamais!

Cette catastrophe, si loin mais si proche, nous la vivons en direct, aux premières loges.

Cette tragédie nous transperce le cœur et nous ramène l’horreur, la souffrance, le deuil, l’injustice de l’incendie de notre église Saint-Paul de Bas-Caraquet et sa «crucifixion» finale, sacrifiée sur l’autel de l’orgueil, de l’ignorance et de l’argent. Écoutez et lisez ces reportages dans tous les médias et réfléchissez.

La consolation avec Notre-Dame de Paris, c’est que ça semble accidentel et l’engagement pris par nulle autre que le président de la France, Emmanuel Macron: elle sera reconstruite.

Évidemment, Bas-Caraquet n’est pas Paris. En plus de toute la saga qu’on connaît, qu’elle a été la réaction de nos premiers ministres et de nos élus politiques lorsque notre église brûlait et lorsqu’elle a été sauvagement mise à mort, en cachette, durant une tempête de neige? Sauf Isabelle Thériault et Serge Cormier, députés de notre région, pas un mot.

On ne peut que constater: deux tragédies semblables, deux réponses aux antipodes. Les principes et les valeurs universelles: le bon, le beau, l’écoute, le respect, la compassion piétinés ici, respectés là-bas.

Dans notre Monde qui se déconstruit, ces terribles tragédies semblent marquer à la croix rouge la fin d’une époque et l’instabilité et l’incertitude des lendemains.

Que nous soyons chrétiens ou pas, c’est l’histoire de l’humanité, une parcelle de notre histoire qui s’inscrit dans ces murs, dans ces pierres. Lorsqu’on ne comprend pas cela, lorsqu’on n’honore pas ces «cathédrales» qui symbolisent le génie humain, quel espoir reste-t-il pour nous et pour notre futur comme communauté, comme peuple?

Ces monuments de foi, d’art, d’architecture et d’histoire ne sont-ils pas la signature des civilisations?

Lucie LeBouthillier
Bas-Caraquet