Passivité et menace climatique

Deux heures avant que le Titanic ne coule, la musique jouait et on prenait tranquillement un verre dans le bar. Telle est notre situation face au changement climatique.

Notre inertie personnelle, collective et politique face à la menace climatique est pathétique.

L’habitabilité de notre planète est menacée, sinon pour nous, au moins pour nos arrières petits-enfants et peut-être même pour nos petits-enfants. Notre cerveau n’est pas adapté à réagir à des menaces à long terme. Nos intérêts à court terme et nos désirs ont beaucoup plus de poids dans nos décisions que la notion relativement abstraite d’une menace à long terme dont il est difficile de faire une description précise et sûre.

Des efforts concrets pour agir contre les gaz à effet de serre et les autres menaces comme la pollution chimique et les dommages à la faune maritime par les plastiques représentent des coûts à court terme auxquels nous répondons plus facilement par l’inertie que par l’action. Le concept de la tragédie des communs pèse fort contre la détermination d’actions locales en présence d’une perception d’inertie globale des autres pays et communautés.

Les humains détestent qu’on leur impose des décisions venues d’en haut. La résistance est amplifiée par la propagande anti-gouvernementale, anti-science, anti-élite que l’extrême droite lance un peu partout.

Quelles sont les actions que nous pouvons faire pour surmonter notre inertie personnelle et collective afin de ralentir et d’arrêter le rouleau compresseur du changement climatique qui s’avance vers nous? Que peuvent faire les personnes, les communautés, les villes, les gouvernements de tous les niveaux en tenant compte non seulement des résistances psychologiques, mais aussi des résistances organisées et bien argentées des intérêts financiers qui ont un contrôle indésirable sur nos gouvernements et même sur nos esprits?

Nous avons devant les yeux à Moncton une illustration pathétique de notre manque d’imagination… ou de notre incurie, c’est selon. Alors qu’on vient de proclamer l’urgence climatique, on s’apprête à continuer la même politique de développement typique des villes nord-américaines: on s’apprête à couvrir le centre-ville de stationnements supplémentaires pour les automobiles au lieu d’y développer un centre de vie pour les humains.

Daniel Beaudry
Moncton