Changer l’humain, et non le système

Le 24 mai a eu lieu une marche au centre-ville de Moncton pour sensibiliser aux enjeux environnementaux. Un article intitulé Grève pour le climat de Jean-Marc Doiron y est d’ailleurs consacré dans l’Acadie Nouvelle du 26 mai. Une telle initiative fait de notre grand et vaste pays, tout au moins de notre province, un endroit où vivent des gens soucieux de la protection de leur environnement. Il est indéniable qu’une telle manifestation à grand renfort de pancartes aux messages éducatifs comme «Changer le système, pas le climat» est fort bien louable.

Cependant, il est difficile de comprendre comment ce même pays, spacieux de surcroît, et qui sensibilise inlassablement sa population à vivre en harmonie avec son environnement, envoie des déchets plastiques dans des pays comme la Malaisie, l’Indonésie, bref, dans certains pays qu’on se targue de qualifier de pauvres. Le Canada est l’un des pays développés qui se servent de certains pays pauvres comme réceptacles de déchets dont ils veulent se débarrasser. Serait-on peut-être trop hypocrite, ou juste incapable de faire ce qu’on aime tant prêcher chez soi?

Certes, à l’ère de «fake news» et surtout de la rectitude politique, il est très périlleux de savoir ce qui motive réellement le Canada à envoyer nos déchets dans ces pays. Il se peut que ce soit pour des raisons de création d’emploi dans lesdits pays, donc encore une fois, pour des raisons économiques. Vive l’économie au détriment de l’environnement!

Le vrai changement de notre attitude envers l’environnement passerait forcément par le refus de ces pays pauvres d’accepter nos poubelles. Ainsi, il y aurait de fortes chances qu’on prenne conscience des effets néfastes de notre culture basée sur la surconsommation, quand les déchets qui en découlent se trouvent dans nos propres lacs, rivières, voire dans nos arrière-cours. Tant que l’on continue à s’arranger pour que ces déchets ne soient pas à la portée des regards, on continuera à se targuer de faux bons défenseurs de l’environnement.

Jean Codjo
Moncton