Victime d’une intention génocidaire ou pas?

Dans l’histoire canadienne, le gouvernement Trudeau est fort probablement l’un de ceux qui ont le plus reconnu publiquement certaines injustices commises à l’endroit de certains groupes de la population, dont les homosexuels, les autochtones, etc. Qu’on soit d’accord ou non de la façon dont il procède pour s’excuser au nom du Canada, on doit quand même reconnaitre son courage d’aborder le problème de front, quitte à mettre mal à l’aise ceux et celles qui aiment se cacher derrière des termes et jargons censés être appropriés pour eux, et ce, pour se donner une bonne conscience.

Avons-nous cherché, à un moment donné de notre histoire, à éliminer les autochtones, ou tout au moins à vouloir les changer pour qu’ils épousent les valeurs européennes? Forcer tout un groupe ethnique à adopter une valeur autre que la sienne ne serait-il pas porter atteinte à l’intégrité mentale dudit groupe? Si la réponse à ces questions est affirmative, alors quel autre critère à saveur occidentale faut-il encore remplir pour qualifier un tel acte de génocidaire? Un certain premier ministre canadien (Johnson A. Macdonald) aurait d’ailleurs estimé que l’objectif des tristement célèbres pensionnats était de «tuer l’Indien en eux (autochtones)».

Certes, la mission de la Commission d’enquête sur la disparition de femmes et filles autochtones n’est pas de savoir si un quelconque premier ministre en était responsable. Cependant, la réaction de certaines gens par rapport à l’un des termes principaux de sa conclusion, en l’occurrence le terme GÉNOCIDE, met en exergue la tendance révisionniste de ces gens à vouloir reléguer aux oubliettes certains aspects sombres de leur histoire. C’est ainsi qu’au fil du temps certaines atrocités du passé finissent par ne plus se trouver dans nos livres d’histoire, histoire de bien soigner son image de pays ayant un passé moins teinté d’injustice.

Jean Codjo
Moncton